Un opéra pour l’Empereur Qin

Nouvelle Création mondiale au New York Metropolitan Opera

Jeudi 21 décembre 2006 se déroulait au Metropolitan Opera de New York la première mondiale de l’opéra : « The First Emperor » du compositeur Sino-Américain Tan Dun et du réalisateur Zhang Yimou.
Le succès fut au rendez-vous puisque les 9 représentations furent données à guichet fermé.

Voici la distribution donnée par le site Forum Opéra :

Tan DUN – The First Emperor
Livret de Ha Jin et Tan Dun

Production : Zhang Yimou

Co-directeur : Wang Chaoge

Décors : Fan Yue

Costume : Emi Wada

Lumières : Duane Schuler

Chorégraphie : Dou Dou Huang

Le maître du Yin-Yang : Wu Hsing-Kuo

La Chamane : Michelle DeYoung

L’Empereur Qin : Placido Domingo

Le Ministre : Haijing Fu

Le général Wang : Hao Jiang Tian

La princesse Yueyang : Elizabeth Futral

La mère de Yueyang : Susanne Mentzer

Gao Jianli, un musicien : Paul Groves

Un garde : Danrell Williams

Danseur solo : Dou Dou Huang

Solo de Zheng : Qi Yao

Orchestre et chœurs du Metropolitan de New York

Direction : James Levine

La distribution, attribuant les rôles principaux à des artistes reconnus du monde classique, couplée aux esprits novateurs du compositeur et du réalisateur ; a permis un mélange des genres réussi si l’on en croit la vente express des places.

Le musicologue Anthony Tommasini revint sur l’événement deux jours plus tard pour The New York Times dans la rubrique musique-review.

Il décrit monsieur Tan Dun, le compositeur, comme un homme dont le style serait à la confluence de la musique traditionnelle Chinoise et de l’avant garde. L’exemple le plus connu de ses créations est la bande originale du film « Tigre et Dragon » composée en deux semaines, enregistrée par l’orchestre symphonique de Shanghai en 2000 et pour laquelle il reçut un Oscar.

Zhang Yimou, le réalisateur de cet opéra, est lui aussi très connu par ses films , notamment « Le secret des poignards volants » sorti le 17 novembre 2004 en France.

Pour ajouter encore du prestige, c’est le célèbre ténor Placido Domingo qui interprète le rôle principal.
À plus de 66 ans, un challenge de plus pour cet artiste majeur !

Elizabeth Futral, qui interprète la princesse Yueyang, fut interviewée par Jérémie Leroy-Ringuet assistant à la communication aux Arts Florissants. Il publie leur entretient le 10 janvier 2007 sur  ODB Opéra, un site de fan d’opéra. 

« Tan Dun et moi nous sommes rencontrés avant que je ne donne ma réponse pour ce projet. A cette époque, il m’a posé plusieurs questions sur le degré de confort que j’éprouvais dans des hauteurs de voix données. En se basant sur ces informations et sur ce qu’il avait appris en venant m’écouter chanter plusieurs rôles différents, il a écrit la musique de mon personnage.
Après avoir reçu la partition et travaillé mon rôle, lui et moi avons apporté quelques changements mineurs à la disposition du texte, à la fois pour faciliter le chant et pour une meilleure intelligibilité du texte. En certains endroits, nous avons changé des notes afin d’obtenir une meilleure balance avec l’orchestre. Certaines notes avaient besoin d’être dans un registre de ma voix plus haut, de façon à ce que je sois mieux entendue. »

(Elizabeth Futral)


Le décors de Fan Yue est constitué d’un énorme escalier de pierre faisant écho à la grande muraille de Chine et aux signes calligraphiques Chinois. En effet, l’Empereur Qin Shi Huang fut le bâtisseur du grand mur et imposa la langue et l’écriture officielle dans toute la Chine unifiée.
Les 400 costumes créés par Emi Wada sont chatoyants, très beaux et colorés.

Le site Forum Opéra publie l’avis de Placido Carrerotti juste après la représentation du 13 janvier 2007.

« Belle distribution, production spectaculaire auxquels s’ajoute un livret efficace qui a le grand mérite de raconter une histoire lisible au premier degré (anecdotique) comme au second(renvoi à la Révolution Culturelle et à son entreprise d’effacement du passé). »

(Placido Carrerotti)

Le site China.Org fait le point sur cette œuvre et met l’accent sur la mise en scène.
L’article rapporte les paroles entendues lors d’une conférence de presse au Metropolitan Opera avec Placido Domingo et Zhang Yimou.

Cependant, Anthony Tommasini, que nous avons déjà évoqué pour son article du New York Times, déplore la lenteur des passages chantés :

« Whatever the mood of the moment, whether dreamy, defiant, sensual or tragic, as soon as the characters break into song, the melodic lines are inevitably long, arching and slow. Even when the orchestra bustles with intensity, the often cloying vocal lines hovering above still move with almost unvarying deliberateness. »

(Anthony Tommasini)

Le livret a été rédigé en anglais par Tan Dun et Ha Jin.

L’opéra narre l’histoire de l’Empereur Qin Shi Huang, le premier Empereur de la Chine unifiée, grand conquérant mais homme torturé et mégalomane.

Au premier acte, L’empereur Qin désire un nouvel hymne à la gloire de son nouvel empire. Il veut rompre avec la tradition et pour cela il décide de faire appel à son ami d’enfance Gao Jianli doué pour la composition. Malheureusement, ce dernier refuse d’obtempérer. Il commence une grève de la faim et refuse de composer pour l’Empereur. Il lui reproche la mort de sa mère tuée lors de la conquête de son pays ordonnée par ce dernier pour le retrouver.
Yueyang la fille de l’Empereur tombe tout de suite amoureuse de Jianli. Elle passe un accord avec son père : si elle parvient à lui faire écrire l’hymne, elle pourra l’épouser.
Et bien entendu elle arrive à ses fins !
Très vite naît une idylle entre eux. Mais cela pose un autre problème car la belle Yueyang était déjà promise au générale Wang. Rapidement la situation dégénère. Le général hors de lui demande son du.

Au second acte, l’Empereur exige que sa fille épouse le général Wang.
Il propose un plan machiavélique au compositeur : la princesse doit épouser le général, mais puisqu’il compte rapidement l’envoyer au front pour l’éliminer, les deux amoureux pourront se retrouver. Ainsi l’Empereur honore ses deux promesses.

Vient le jour de l’investiture de l’Empereur.
Au moment de monter sur le trône, il voit le fantôme de sa fille. Elle a mis fin à ses jours pour ne pas avoir à subir le sort qui lui était destiné.
Puis le fantôme du général lui apparaît, empoisonné par Jianli le compositeur.
Ce dernier accablé par la mort de Yueyang entre dans la pièce. Il hurle sa douleur, injurie Qin Shi Huang et s’arrache la langue. Il sera tué par l’Empereur.
La cérémonie continue. L’Empereur va enfin pouvoir l’entendre son hymne pour la première fois.
Au moment de l’écouter, c’est le chant des esclaves de la muraille qui retentit, comme une ultime vengeance du compositeur.

Écoutons maintenant un court extrait intitulé « The shadow haunts me wherever I go from Act 1 of the opera. » sur Youtube proposé par rmm413b le 19 octobre 2007. Cette vidéo est une scène tirée de l’acte I scène 2 où vous pouvez voir l’Empereur, le Général Wang et la Princesse Yueyang.

Paroles de « The shadow haunts me wherever I go » :

« The shadow haunts me wherever I go,
Ten years he and I lived together,
When I was a hostage in the state of Zhao,
In a prison cell we two small boys wore shackles,
And shared a tattered quilt and a pile of straw,
The shadow in the darkness played his zheng,
Striking fiery notes that set my dreams aflame,
His mother that gentle soul breast fed me like her own,
Even now I feel her warmth in my bones.
Before we were parted he promised he would compose,
A sublime anthem for me when I ascended the throne,
Like a stream flowing to the sea, I follow you,
Like a grassland waking to daylight I rise for you,
Where is the music that can harmonize…
Heaven, earth, and man?
General Wang…once you find the shadow,
You and Yueyang can enter the bridal chamber. »

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À propos de archeomichelet

Nous sommes un groupe de quatre étudiantes en deuxième année de licence en archéologie à l'Université Panthéon-Sorbonne. Nous créons ce blog dans le cadre du cours de ressources numériques appliquées à l'histoire de l'art et à l'archéologie qui a lieu au second semestre. Ce blog a pour but de rassembler les ressources internet les plus pertinentes sur les soldats en terre cuite de l'empereur Chinois Qin Shi Huang. Voir tous les articles par archeomichelet

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