Archives de Catégorie: Etudes et recherches scientifiques sur le tombeau de Qin

Questions de conservation

La couleur révélée sur les soldats de terre cuite

Durant la première fouille entre 1978 et 1984, hélas, les 1087 statues d’argiles déterrées, après une brève exposition à l’air, ont perdu toutes leurs couleurs et ont viré au gris par l’effet d’oxydation de l’argile à l’air.
D’autres facteurs on contribué à la détérioration des pigments, comme le fort taux d’humidité présent dans la fosse qui a provoqua l’apparition de moisissures ou le phénomène bien connu de la perte d’eau contenue dans les statues.

En 1989, une équipe allemande vient au secours de la Chine. Dès 1991 est créé un institut et un laboratoire de recherche consacrés à la protection du patrimoine archéologique à Shaanxi nommé le Shaanxi Institut.

C’est grâce à l’alliance entre la Chine et l’Allemagne qu’il a été permis de conserver les surprenantes couleurs des soldats en terre cuite.

L’article « Terracotta army emerges in its true colors » de Ma Lie édité en anglais le 09 septembre 2010 sur China Daily, site spécialisé dans l’information culturelle, politique et sociale de la Chine, nous permet de voir les avancées de la recherche dans les méthodes de fouille archéologique chinoise.

Grâce à la coopération avec la Germany’s Bavarian Administration of Cultural Heritage et le Rome-Germanic Central Museum Mainz, un programme d’échange fut mis en place et les archéologues chinois vinrent se former aux méthodes de conservations en Allemagne mais aussi en France, en Italie, au Japon et aux États-Unis.

Les différentes équipes inventèrent conjointement une nouvelle technologie spécifiquement adaptée aux problèmes des soldats de terre cuite. Cette nouvelle méthode qui fut testée dans le laboratoire de Shaanxi donna de très bon résultats.
Lors de la troisième fouille, les archéologues ont mis au jour des soldats peints, et ont été capables pour la première fois, de conserver la couche de vernis qui préserve les couleurs des statues et qui d’ailleurs accentue les expressions de leurs visages.
Le directeur du Musée de Qin annonce que les chercheurs ont trouvé des pigments roses, rouges, blancs et mauves.

En 2004, cette technique remporte le 2ème prix national des progrès en sciences et en technologies. Depuis, huits soldats furent ainsi préservés.

Six ans plus tard, cette même équipe reçoit le prix Prince des Asturies décerné par le Prince Felipe de Borbon lors d’une cérémonie officielle au Teatro Campoamor à Oviedo, capitale de la communauté autonome et de la province des Asturies. Cette cérémonie est décrite dans l’article « Des archéologues chinois reçoivent un prix espagnol pour leur étude sur les soldats en terre cuite » publié par l’Agence de presse Xinhua sur le site French.China.org le 24 octobre 2010.

Aujourd’hui, l’Institut de Shaanxi est devenu le Département de Préservation du Patrimoine et il dispose de laboratoires spécialisés dans la métallurgie, la céramique, la restauration de fresques et de textiles.

La photographie qui suit provient du site officiel du Musée des guerriers et chevaux de terre cuite de Qin Shi Huang.
La création du site est laissée aux soins des fonctionnaires travaillant au musée et est supervisée par les autorités chinoises. Nous proposons un article dédié à ce musée dans la catégorie « Musées et expositions sur l’empereur Qin ».

Sur le site du Musée officiel de Qin Shi Huang

Nous vous proposons à présent de voir un documentaire de la National Geographic Channel de 45 minutes intitulé « De l’ombre à la lumière – L’armée enterrée de Chine ».
Au travers de ce documentaire, les enquêteurs tentent de percer le mystère de l’armée des soldats en terre cuite enterrée dans le mausolée de l’Empereur Qin. On voit une alternance entre reconstitutions historiques, vidéos de fouilles et interviews des chercheurs et des archéologues.

Cette vidéo est présentée sur le site Theatrum Belli par Stephane Gaudin le 08 février de cette année 2012. C’est un site amateur commencé en 2001 qui parle de la polémologie et de l’irénologie dans notre monde depuis que cela existe. En somme un site qui polémique sur la paix et la guerre. Précisons qu’il est référencé par bon nombre de pointures en la matière, tels « La Revue Défense Nationale », « La Saint Cyrienne », le Centre d’Études Supérieures de la Marine ou encore « Marianne ».

sur le site China Daily

Si vous désirez plus d’informations sur la préservation du patrimoine, le site de l’ambassade de France en Chine vous renseignera sur les progrès des scientifiques chinois en matière de conservation du patrimoine.
L’article est publié par Outlook Weekly le 22 juin 2009 dans la « revue des hebdos chinois » de la semaine du 22 au 26 juin.

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Le pollen révèle l’origine des soldats en terre cuite

La palynologie à Xi’an

espèce inconnu

La mise au jour en 1974 dans la région de Xi’an de l’armée enterrée de Qin Shi Huang s’est avérée être une découverte majeure de l’archéologie chinoise.
Mais déterrer ces statues de terre cuite ne suffit pas à satisfaire la curiosité des archéologues.
Depuis longtemps, l’une de leur principale question est de savoir d’où vient la glaise utilisée pour façonner ces statues et où se trouvent les fours ayant servi à cuire les soldats terracotta de l’Empereur.
Aucun four n’a encore été retrouvé alors que l’on compte plus de 8000 guerriers et aussi des chevaux, des oiseaux, des musiciens, des acrobates, des chars …

« One way to study such problems is to figure out the origin of the soil that was used to make the terracotta »

(Hu Yaqin de l'Institut Botanique de l'académie Chinoise de sciences à Beijing)

Une étude anglaise fut réalisée en 2007 par Arlène Rosen de l’Institut d’archéologie de University College London.
Intitulée « Pollens reveal origins of terracotta army », le texte est publié en mars de la même année par Jane Qin sur le site Royal Society of Chemistry Advancing : Advancing the Chemical Science.

Son travail parle des pollens retrouvés dans les poteries, qui ont permis de déterminer l’origine de l’argile utilisée pour la fabrication de certaines statues. Il a été révélé par exemple, que les chevaux étaient façonnés avec de l’argile locale, tandis que les soldats étaient fabriqués à partir d’une autre argile plus lointaine.

« The team recovered and identified 32 types of pollens. The pollen spectrum of terracotta horses, mostly from trees, is similar to that of the soil samples from the pit. By contrast, the pollens detected in terracotta warriors are mainly herbaceous.
The researchers suggest that the horses were made locally near the pits of the emperor’s mausoleum, whereas the soldiers were produced elsewhere. »

(Jane Qiu pour sciencedirect.com)

Point de départ encourageant pour les chercheurs, il faut souligner la nécessité d’élargir le nombre de prélèvements à tout le complexe pour de meilleurs résultats.

Pour en savoir encore plus, il existe une autre étude nommée « What can pollen grains from the Terracotta Army tell us? » effectuée par d’autres chercheurs et publiée en juillet 2007 dans le Journal of Archaeological Science vol.34 (pages 1153-1157) que vous pouvez acheter sur leur site.