Archives de Catégorie: En art

L’oeuvre de l’Empereur inspire les artistes du XXème siècle

Un tumulus pas comme les autres

En 1909 le médecin brestois Victor Segalen part pour la Chine afin d’y soigner les malades de la peste. Il s’y installe un an plus tard avec sa famille. Cet homme est en faite bien plus qu’un simple médecin, ethnologue, archéologue et même écrivain, il décide en 1914 d’organiser une mission archéologique dédiée aux tombeaux des Han. Lors de son voyage, il prendra le 16 février ce cliché.

Téléchargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Vous l’aurez reconnu, c’est notre tumulus, sa face nord pour être exact. Nous sommes 50 ans avant la découverte du grand monument funéraire. Segalen avec son regard affuté, en voyant cette montagne, ne résiste pas à en prendre les mesures exactes. Il savait que le tell appartenait à l’Empereur Qin Shi Huang mais il n’imaginait peut-être pas l’étendue de cet d’extraordinaire tombeau.
Il décrit de manière très poétique et romanesque sa visite sur le mausolée. Wikisource, la bibliothèque numérique libre a archivée le compte rendu de sa Mission publié cinq ans après sa mort.

Wikisource est l’un des innombrables outils développés par Wikipédia, créé en 2003 en Floride par Jimmy Wales. Très facile d’utilisation, c’est une source qu’il ne faut pas négliger, car contrairement à son encyclopédie en ligne, les sources proposées dans cet outils sont pour la grande majorité acceptées par la communauté universitaire.

Capture d’écran du site, le 15/04/2012

Bien que nous l’ayons déjà présenté dans l’article consacré au mausolée de Qin Shi Huang, nous revenons ici un peu sur le sujet.
Segalen procède à la manière des ethnographes de son siècle, à savoir par une description exhaustive du site, tout en y mêlant de la littérature classique et des écrits historiques comme
l’Histoire des Trois Royaumes de San-Koué-Tchy et Les Mémoires Historique de Se-ma Ts’ien. La traduction de ces ouvrages nous semble quelque peu farfelue et Segalen interprète lesdits récits avec un vocabulaire qui nous étonne un peu :

« Il n’est fait, dans les aménagements et la décoration, aucune présomption d’une vie extraterrestre ; c’est une raison de croire que les Chinois, dès avant l’époque Han, ne traitaient, même dans les tombes, que des représentations de la vie humaine. »


(Victor Segalen dans « Tombeau de Che-houang-ti.Mission archéologique en Chine. Les Tumulus impériaux de la vallée da la Wei »)

Bien sûr, l’acception du mot « extraterrestre » est à nuancer, cela n’avait pas le sens que nous lui connaissons ; en utilisant ce mot l’archéologue fait allusion à ce que l’on pourrait appeler la dimension transcendante de la condition d’être terrestre.

Capture d’écran du site du Musée Guimet, le 15/04/2012

La photographie du tumulus fait partie du fond Segalen conservé au Musée Guimet, musée des arts asiatiques.
Elle est disponible sur leur site récemment rénové. Le tumulus est présenté par un court article qui revient sur la mission de Segalen, sa vie et son œuvre comme les romans
Stèles et Le Fils du Ciel.
L’article est un peu trop bref et certains propos manquent de clarté. Outre l’ergonomie trop spartiate et l’interactivité très limitée, le plus regrettable reste la petite taille des images des collections et un cartel bien trop minimaliste. Pour un tel Musée c’est bien dommage et cela reflète surtout un manque d’interet à l’égard de la version numérique. De plus, en début d’année le cartel des images était bien plus fourni qu’il ne l’est aujourd’hui. Ce changement s’explique mal. Le site est censé être la vitrine du musée et par là même, donner envie à l’internaute de s’y rendre. Nous sommes au regret d’affirmer que l’objectif est loin d’être atteint.

Cette photographie est exposée comme une œuvre d’art et Segalen, on ne peut le nier, avait de multiples talents dont celui de la photographie.

Cela nous amène à vous montrer une autre œuvre d’art, une sculpture d’argile cette fois.

Une sculpture pour les artisans du tombeau

Téléchargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Cette œuvre contemporaine représente les ouvriers en train de fabriquer les chevaux et soldats qui composeront l’armée en terre cuite de Qin. Bien que nous ayons procédé à de nombreuses recherches sur le web, nous ne sommes pas parvenus à retrouver l’artiste qui est à l’origine de cette sculpture. Néanmoins nous avons déniché un blog qui se sert de cette œuvre pour détailler les techniques qu’utilisaient les sculpteurs afin de construire l’armée en terre cuite.

Téléchargé sur le site de Betty Faire, le 15/04/2012

Cette approche peu commune, est largement bien menée et c’est Betty Faivre qui en est l’auteur. Nous avons déjà commenté sa page dédiée à l’Empereur dans un autre article et souligné les soucis rencontrés dans l’ergonomie du site.

Elle énonce les différentes techniques comme le foulage ou l’utilisation de moules, puis revient brièvement sur le mode de cuisson et le modelage des expressions des soldats.

Téléchargé sur le site de Betty Faire, le 15/04/2012

Cette mise en abime rend hommage à ces milliers d’anonymes qui, pendant près de quatre décennies, confectionnèrent plus de 8000 soldats et chevaux pour satisfaire la folie d’un homme. Après la mort de ce dernier, les ouvriers se virent enfermés vivants pour finir leur ouvrage et garder à jamais les secrets du tombeau.

Des clichés de ces reconstitutions exposées durant l’exposition « The First Emperor: China’s Terracotta Army » au British Museum sont accessibles sur la page« In pictures: China’s Terracotta Army » de la BBC News.

Téléchargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Le soldat pantin géant à la petite fille

La Chine a connu avec Qin Shi Huang son premier véritable unificateur, le musée devait donc lui faire honneur.
Voici une photographie qui retint notre attention par son incongruité. Nous n’avons hélas que ce cliché à vous présenter, mais il vaut le détour. Il fut trouvé sur la galerie de photos de vacances de Pierre Thery, qui  regorge d’autres clichés pris à travers toute la Chine durant l’année 2009 et postés la même année sur son site. Vous y trouverez une quinzaine d’albums, notre photo se trouvant dans le deuxième album, à la page 4.

Téléchargé sur notre Flikr, P9, le 15/04/2012

Ce que vous voyez est le Hall du musée de Qin à Xi’an en Chine. Le photographe cadre les deux pantins articulés de taille impressionnante. Le plus grand, vous l’avez deviné, est fait sur le modèle des soldats en terre cuite et mesure environs 10 mètres. À côté de lui se tient une petite fille chinoise mesurant tout de même plus de 5 mètres de hauteur. Ils sont surement fait de bois, mais nous ne pouvons que spéculer, autant sur la composition que sur la taille, car nous n’en avons trouvé aucune autre allusion.
Les photos n’étant pas du tout légendées, la galerie perd en lisibilité. Les deux pantins géants sont mit en scène, ainsi le soldat donne la main à la petite fille à la manière d’un papa et ce dernier  baisse la tête vers elle.

Un portait flatteur

La galerie de photos d’Imelda propose un album dédié à l’exposition du Houston Museum of Natural Science qui eu lieu en 2009 à Houston dans l’état du Texas aux États-Unis. Nous lui consacrons un article dans notre catégorie exposition.
L’une des photos est particulièrement savoureuse et pour le moins inattendue.

Telechargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Un tableau d’un soldat en terre cuite à la manière de l’autoportrait de Andy Warhol, célèbre artiste fondateur du Pop Art.
Cette résurgence de l’armée de Qin par le Pop’art aurait certainement plu à Warhol. La sérigraphie que prônait l’artiste peut-être vue comme une mise en abîme de la production en série des soldats en terre cuite, mais le rapprochement s’arrête là, il ne faut pas oublier la volonté d’unicité recherché pour chacun des soldats.
C’est le musée qui est à l’origine de cette commande, mais nous n’avons trouvé aucune information complémentaire sur leur site.

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Un opéra pour l’Empereur Qin

Nouvelle Création mondiale au New York Metropolitan Opera

Jeudi 21 décembre 2006 se déroulait au Metropolitan Opera de New York la première mondiale de l’opéra : « The First Emperor » du compositeur Sino-Américain Tan Dun et du réalisateur Zhang Yimou.
Le succès fut au rendez-vous puisque les 9 représentations furent données à guichet fermé.

Voici la distribution donnée par le site Forum Opéra :

Tan DUN – The First Emperor
Livret de Ha Jin et Tan Dun

Production : Zhang Yimou

Co-directeur : Wang Chaoge

Décors : Fan Yue

Costume : Emi Wada

Lumières : Duane Schuler

Chorégraphie : Dou Dou Huang

Le maître du Yin-Yang : Wu Hsing-Kuo

La Chamane : Michelle DeYoung

L’Empereur Qin : Placido Domingo

Le Ministre : Haijing Fu

Le général Wang : Hao Jiang Tian

La princesse Yueyang : Elizabeth Futral

La mère de Yueyang : Susanne Mentzer

Gao Jianli, un musicien : Paul Groves

Un garde : Danrell Williams

Danseur solo : Dou Dou Huang

Solo de Zheng : Qi Yao

Orchestre et chœurs du Metropolitan de New York

Direction : James Levine

La distribution, attribuant les rôles principaux à des artistes reconnus du monde classique, couplée aux esprits novateurs du compositeur et du réalisateur ; a permis un mélange des genres réussi si l’on en croit la vente express des places.

Le musicologue Anthony Tommasini revint sur l’événement deux jours plus tard pour The New York Times dans la rubrique musique-review.

Il décrit monsieur Tan Dun, le compositeur, comme un homme dont le style serait à la confluence de la musique traditionnelle Chinoise et de l’avant garde. L’exemple le plus connu de ses créations est la bande originale du film « Tigre et Dragon » composée en deux semaines, enregistrée par l’orchestre symphonique de Shanghai en 2000 et pour laquelle il reçut un Oscar.

Zhang Yimou, le réalisateur de cet opéra, est lui aussi très connu par ses films , notamment « Le secret des poignards volants » sorti le 17 novembre 2004 en France.

Pour ajouter encore du prestige, c’est le célèbre ténor Placido Domingo qui interprète le rôle principal.
À plus de 66 ans, un challenge de plus pour cet artiste majeur !

Elizabeth Futral, qui interprète la princesse Yueyang, fut interviewée par Jérémie Leroy-Ringuet assistant à la communication aux Arts Florissants. Il publie leur entretient le 10 janvier 2007 sur  ODB Opéra, un site de fan d’opéra. 

« Tan Dun et moi nous sommes rencontrés avant que je ne donne ma réponse pour ce projet. A cette époque, il m’a posé plusieurs questions sur le degré de confort que j’éprouvais dans des hauteurs de voix données. En se basant sur ces informations et sur ce qu’il avait appris en venant m’écouter chanter plusieurs rôles différents, il a écrit la musique de mon personnage.
Après avoir reçu la partition et travaillé mon rôle, lui et moi avons apporté quelques changements mineurs à la disposition du texte, à la fois pour faciliter le chant et pour une meilleure intelligibilité du texte. En certains endroits, nous avons changé des notes afin d’obtenir une meilleure balance avec l’orchestre. Certaines notes avaient besoin d’être dans un registre de ma voix plus haut, de façon à ce que je sois mieux entendue. »

(Elizabeth Futral)


Le décors de Fan Yue est constitué d’un énorme escalier de pierre faisant écho à la grande muraille de Chine et aux signes calligraphiques Chinois. En effet, l’Empereur Qin Shi Huang fut le bâtisseur du grand mur et imposa la langue et l’écriture officielle dans toute la Chine unifiée.
Les 400 costumes créés par Emi Wada sont chatoyants, très beaux et colorés.

Le site Forum Opéra publie l’avis de Placido Carrerotti juste après la représentation du 13 janvier 2007.

« Belle distribution, production spectaculaire auxquels s’ajoute un livret efficace qui a le grand mérite de raconter une histoire lisible au premier degré (anecdotique) comme au second(renvoi à la Révolution Culturelle et à son entreprise d’effacement du passé). »

(Placido Carrerotti)

Le site China.Org fait le point sur cette œuvre et met l’accent sur la mise en scène.
L’article rapporte les paroles entendues lors d’une conférence de presse au Metropolitan Opera avec Placido Domingo et Zhang Yimou.

Cependant, Anthony Tommasini, que nous avons déjà évoqué pour son article du New York Times, déplore la lenteur des passages chantés :

« Whatever the mood of the moment, whether dreamy, defiant, sensual or tragic, as soon as the characters break into song, the melodic lines are inevitably long, arching and slow. Even when the orchestra bustles with intensity, the often cloying vocal lines hovering above still move with almost unvarying deliberateness. »

(Anthony Tommasini)

Le livret a été rédigé en anglais par Tan Dun et Ha Jin.

L’opéra narre l’histoire de l’Empereur Qin Shi Huang, le premier Empereur de la Chine unifiée, grand conquérant mais homme torturé et mégalomane.

Au premier acte, L’empereur Qin désire un nouvel hymne à la gloire de son nouvel empire. Il veut rompre avec la tradition et pour cela il décide de faire appel à son ami d’enfance Gao Jianli doué pour la composition. Malheureusement, ce dernier refuse d’obtempérer. Il commence une grève de la faim et refuse de composer pour l’Empereur. Il lui reproche la mort de sa mère tuée lors de la conquête de son pays ordonnée par ce dernier pour le retrouver.
Yueyang la fille de l’Empereur tombe tout de suite amoureuse de Jianli. Elle passe un accord avec son père : si elle parvient à lui faire écrire l’hymne, elle pourra l’épouser.
Et bien entendu elle arrive à ses fins !
Très vite naît une idylle entre eux. Mais cela pose un autre problème car la belle Yueyang était déjà promise au générale Wang. Rapidement la situation dégénère. Le général hors de lui demande son du.

Au second acte, l’Empereur exige que sa fille épouse le général Wang.
Il propose un plan machiavélique au compositeur : la princesse doit épouser le général, mais puisqu’il compte rapidement l’envoyer au front pour l’éliminer, les deux amoureux pourront se retrouver. Ainsi l’Empereur honore ses deux promesses.

Vient le jour de l’investiture de l’Empereur.
Au moment de monter sur le trône, il voit le fantôme de sa fille. Elle a mis fin à ses jours pour ne pas avoir à subir le sort qui lui était destiné.
Puis le fantôme du général lui apparaît, empoisonné par Jianli le compositeur.
Ce dernier accablé par la mort de Yueyang entre dans la pièce. Il hurle sa douleur, injurie Qin Shi Huang et s’arrache la langue. Il sera tué par l’Empereur.
La cérémonie continue. L’Empereur va enfin pouvoir l’entendre son hymne pour la première fois.
Au moment de l’écouter, c’est le chant des esclaves de la muraille qui retentit, comme une ultime vengeance du compositeur.

Écoutons maintenant un court extrait intitulé « The shadow haunts me wherever I go from Act 1 of the opera. » sur Youtube proposé par rmm413b le 19 octobre 2007. Cette vidéo est une scène tirée de l’acte I scène 2 où vous pouvez voir l’Empereur, le Général Wang et la Princesse Yueyang.

Paroles de « The shadow haunts me wherever I go » :

« The shadow haunts me wherever I go,
Ten years he and I lived together,
When I was a hostage in the state of Zhao,
In a prison cell we two small boys wore shackles,
And shared a tattered quilt and a pile of straw,
The shadow in the darkness played his zheng,
Striking fiery notes that set my dreams aflame,
His mother that gentle soul breast fed me like her own,
Even now I feel her warmth in my bones.
Before we were parted he promised he would compose,
A sublime anthem for me when I ascended the throne,
Like a stream flowing to the sea, I follow you,
Like a grassland waking to daylight I rise for you,
Where is the music that can harmonize…
Heaven, earth, and man?
General Wang…once you find the shadow,
You and Yueyang can enter the bridal chamber. »


Les soldats en terre cuite de Qin sont dans la rue !

Si vous ne voyez aucun rapport entre l’art urbain et les soldats en terre cuite retrouvés en 1974 en Chine aux pieds du tombeau monumental de l’Empereur Qin, et bien attendez de voir ce qui suit !

C’est l’artiste Leon Keer qui, à l’occasion du Sarasota chalk art festival 2011, a réalisé une fresque ayant pour modèle les fameux soldats en terre cuite façon lego 3D !

Wikipédia, l’encyclopédie en ligne, vous propose un article sur Sarasota Chalk Art Festival, le festival annuel de la craie en Floride.

L’article « L’armée du premier empereur chinois reproduite en lego 3D » est publié sur le blog amateur Jour de buzz sur la page « Arts et Cultures insolites ».
Original me direz-vous et effet garanti !

Voici des informations supplémentaires sur Leon Keer que vous trouverez sur le blog création Forevart de Nicolas Debin, coordinateur vidéo à TF1.

Dans une vidéo personnelle, une participante américaine commente le travail de l’artiste sur place.

Cette vidéo fut publiée le 7 novembre 2011 sur Youtube et reprise sur le site My community manager par Djivan Manassian et Kevin Dicop.