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Les soldats de l’Empereur Qin se promènent en Europe

Les soldats de l’Empereur Qin se promènent en Europe.

L’ARMÉE DE QIN FAIT SENSATION

AU BRITISH MUSEUM

« Les soldats chinois ont conquis le British Museum » poste le journal web Le Figaro sur sa page culture le 30 septembre 2008.
Cyrille Vanlerberghe, journaliste du service science fait le point sur l’exposition « The First Emperor : China’s Terracotta Army » qui se tenait au cœur même du British Museum du 13 septembre 2007 au 6 avril 2008 dans la salle de lecture « The Reading Room » spécialement aménagée à cet effet. Que les bibliophiles se rassurent, les livres composant normalement la bibliothèque n’ont subit aucun dégât, et ils étaient disponibles dans une autre salle plus loin dans le musée, après la « Enlightenment Gallery ». De plus tout les aménagements effectués étaient totalement réversibles.

Le mystère qui entoure cette fabuleuse découverte est sans doute à l’origine de l’extraordinaire engouement des Anglais pour les soldats de terre cuite, on n’avait pas vu cela depuis l’exposition sur les trésors de Toutankhamon en 1972 nous dit-il ! Avec 850 000 visiteurs, l’exposition est plus qu’un succès, c’est un phénomène.

« Les portes du musée ont dû être fermées certains jour pour empêcher du monde de rentrer, rappelle le times, qui a décerné à Neil MacGregor, le directeur du British Museum, le titre envié de Britannique de l’année 2008, toutes catégories confondues ! »

(C. Vanlerberghe pour « Le Figaro.fr »)

Mais comment expliquer cette ferveur ?
Pour en savoir plus, nous nous sommes rendus sur le site du British Museum.
Grâce aux efforts et à la ténacité du directeur, le Musée de l’Armée en terre cuite et le Bureau des vestiges culturels de la province du Shaanxi à Xi’an en Chine ont bien voulu prêter 120 artefacts et objets.

Des images du déballage des caisses sont disponibles sur le site de la BBC news dans la galerie « In pictures : China’s Terracotta Army ». Une douzaine de soldats en terre cuite, des chevaux, des acrobates et même des musiciens ont été repartis de manière astucieuse dans le cœur du musée.
L’agence Metaphor
et les conservateurs ont voulu recréer un espace permettant de saisir tout le pouvoir et le drame des objets funéraires présentés au public.

La commissaire de l’exposition, Jane Portal, s’exprime sur l’exposition et raconte :

« The chance discovery of the terracotta army astounded the world. This exhibition will provide a wonderful opportunity to see these extraordinary objects close up and to learn about an empire which at its height was the rival of Rome and was to prove historically more enduring. »

(Jane Portal pour le British Museum)

Vous pouvez lire aussi sur le site britannique Apollo magazine un article publié le 1 septembre 2007, dans lequel Jane Portal explique en détails l’importance des dernières découvertes du site. Apollo Magazine, fondé en 1925, est spécialisé dans les Arts visuels. Le rédacteur en chef actuel est Oscar Humphries.

L’exposition retrace d’abord la vie et la montée au pouvoir de l’Empereur, puis on nous présente les mythes et mystères qui l’entourent. On voit combien cette découverte historique et archéologique fascine le public. La Chine qui est l’une des plus grande puissance économique, nous montre ici sont héritage culturel qui n’a absolument rien à envier à la culture occidentale.

Le financement de l’entreprise mondiale Morgan Stanley a été salué par la critique.

LA CHINE EN BELGIQUE

Dans la petite ville de Limbourg s’est tenu une exposition au sein de l’église des Frères Mineurs du 1 octobre 2008 au 31 Mars 2009.
C’est le Musée Maaseik de Belgique qui est a l’origine de cette manifestation culturelle intitulée « L’armée de Terre Cuite de Xi’an : Trésors des premiers Empereurs de Chine » :

« 14 soldats de terre cuite accompagnés de plus de 200 offrandes funéraires exceptionnelles des dynasties Qin et West-Han. Ces objets proviennent des complexes funéraires des empereurs et des tombeaux d’aristocrates qui ont suivi les empereurs dans l’au-delà. Des armes uniques et des objets en fer, bronze, argent, or, céramique et jade en révéleront toute la richesse. »

(Musée Maaseik)

Le site internet du Musée Maaseik vous permet, même trois ans après, de revenir sur l’exposition.
Vous trouverez plusieurs pages : Introduction, Contexte, Exposition, Factsheet, Galerie, et trois vidéos dont la bande annonce de l’exposition, qui ne dure que 19 secondes mais est particulièrement intéressante.
De prime abord le site ne paie vraiment pas de mine, mais quand on s’y penche d’un peu plus près, il est vraiment très bien fait et très facile d’accès, sans fioriture.
Seules petites ombres au tableau, sur la page vidéo, la deuxième vidéo (licence Youtube) n’est plus accessible et le lien vers la photographie panoramique de l’armée Terracotta de Patrimoine-Mundi est cassé. Nous avions déjà cité ce dernier lien dans un autre article. Le prix aurait également pu faire fuir les plus courageux puisqu’il vous aurait fallu débourser 16,50 € pour visiter cette exposition !
Voici une vidéo de l’exposition de 4 minutes proposée par MarcoSeiko sur Youtube depuis 2008. Retenons l’atmosphère lourde et sombre. Toujours la même scénographie mise en œuvre pour montrer ces soldats, l’effet tombeau prime à chaque fois. La musique qui accompagne cette vidéo vous met tout de suite dans l’ambiance.

Dans son blog « Living in Belgium », Antonia Harrison décrit l’exposition de Maaseik en décembre 2008.

« These [Fourteen warriors from the Terracotta Army] life-size sculptures are literally placed in confrontation with the more delicate terracotta armies of the emperors from the Western Han dynasty. In addition to the fourteen original terracotta warriors, the Maaseik Museums are proud to present over two hundred grave gifts from the Qin and Western Han dynasties. These objects originate from the tomb complexes of the emperors and the tombs of aristocrats following their emperor into the hereafter. These unique weapons and other objects made of iron, bronze, silver, gold, stoneware and jade exemplify the riches of the ruling class of the early Chinese Empire. »

(Antonia Harrison pour « Living in Belgium ») 

« LES SOLDATS DE L’ÉTERNITÉ »

SONT À LA PINACOTHÈQUE DE PARIS

On ne présente plus cette formidable découverte fortuite faite par des paysans sur les plaines de Xi’an en 1974. Le Musée d’Art et d’Histoire de la Province du Shaanxi, en Chine a prêté à la Pinacothèque 20 statues de soldats issus de l’armée enterrée pour une exposition totalement dédiée à celui qui unifia la Chine et à sa famille. L’exposition se déroulait du 15 avril au 14 septembre 2008, et elle se composait de trois parties :

  • Le Royaume Qin pendant les périodes de Printemps et Automne (770 – 450 avant J.-C.).

  • La vie matérielle, culturelle et rituelle à la période des Royaumes combattants et du royaume Qin.

  • La tombe du Premier empereur.

« Exposition exceptionnelle autour des légions enterrées en terre cuite de l’empereur Qin, souvent appelées les Guerriers de X’ian. »

(Pinacothèque)

Venez la visiter avec le directeur de la Pinacothèque de Paris Marc Restellini à travers une vidéo diffusée par NajaPress (©Tanguy Cadieu/Naja) le 24 juin 2008 sur Dailymotion, un site d’hébergement de vidéo intitulée « Exposition « les soldats de l’éternité » avec le directeur de la Pinacothèque de Paris ».

Sur le site de Radio 86, on vous propose un échange entre Marion Siffert, journaliste radio, et Marc Restellini, le directeur de la Pinacothèque. L’article qui accompagne le podcast audio est de Daniel Ernult.

Nous pouvons écouter également l’émission de radio « Le Salon noir » de France Culture du mercredi 9 juillet 2008 durant lequel Vincent Charpentier interviewe Alain Thote, commissaire de l’exposition. C’est le site de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) qui vous propose cet enregistrement.

EXPOSITION À LA FOIRE DE BOURGES

Après la Pinacothèque de Paris, c’est au tour de la Foire de Bourges de présenter les soldats et chevaux de Qin.

Cette 89ème édition de la foire à été particulièrement remarquée grâce à la venue d’invités prestigieux en somme tous un peu âgés puisqu’ils ont plus de 2200 ans, mais d’une expressivité à toute épreuve !

Nous avons trouvé deux blogs qui reviennent sur cette exposition.

Le premier est tenu par le comité de Jumelage de St Martin d’Auxigny et a pour but d’informer les citoyens de la ville. Un article intitulé « La Chine à la foire de Bourges » daté du 17 juin 2008 fait une rapide description du mausolée de Qin et ajoute des photos des soldats vus à la Foire.

Le second est Sport.Santé.com, un site dédié au sport qui regroupe des passionnés. L’un des administrateur, Véronique, consacre une partie du site aux « Sorties Culturelles », catégorie réservée aux manifestations et autre nouveautés de la ville de Bourges. L’article « La Chine de Xi’an à la foire de Bourges » est daté du 6 juin 2008 et tout comme dans le blog de Saint Martin d’Auxigny, on retrouve une description assez détaillée des quatre fosses du mausolée ainsi que des photographies du même type, mais avec une atmosphère beaucoup moins solennelle. Un mauvais point pour la configuration du site qui est inesthétique à cause des autres sites hébergés.

Nous déplorons la mauvaise qualité des photographies, car même en consultant les images de ces deux sites amateurs, l’internaute à bien du mal à se faire une idée de la scénographie de l’exposition. Ce qui semble en revanche certain, c’est que les soldats et les chevaux étaient présent en grand nombre pour le plaisir des petits et des grands Berruyers .

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Le mausolée de l’Empereur Qin Shi Huang, entre mythe et réalité

Sous le règne de l’Empereur Qin Shi Huang, la Chine connut sa période la plus puissante.
L’empereur Qin jouissait de la vie sans aucun scrupule.

La construction de son mausolée dura 39 ans et 720 000 ouvriers durent y participer.
L’Empereur Qin Shi Huang se comportait comme un despote, il voyait les choses en grand. Cela explique probablement les dimensions monumentales de son mausolée dont voici l’article wikipédia intitulé « 
Mausolée de l’Empereur Qin » à prendre avec précautions.

Le tombeau de Qin Shi Huang serait l’un des plus ancien tumulus identifié en Chine.
Sa forme indique qu’il y a eu un travail de recherche et d’esthétisme.
Dès le début de son règne, il est obsédé par l’immortalité. C’est à l’âge de 26 ans que l’Empereur Qin débuta la construction de son tombeau. Il s’occupa dès lors des plans et envoya un grand nombre d’ouvriers sur ce gigantesque chantier.

Tout autour du mausolée, les archéologues ont retrouvé des guerriers et des chevaux en terre cuite.
À l’intérieur, dans la partie où devrait se trouver le cercueil de l’Empereur Qin Shi Huang, la fouille est interdite par les autorités chinoises. Selon les archéologues, plusieurs chambres funéraires seraient reliées au tombeau central de l’Empereur.


Le tumulus.


Le tombeau de Qin Shi Huang est décrit comme une montagne funéraire par Victor Segalen, un médecin, romancier, poète, ethnographe et archéologue français, dans son ouvrage intitulé « Tombeau de Che-houang-ti. Mission archéologique en Chine. Les tumulus impériaux de la vallée de la Wei » daté de 1923 – 1924, que l’on retrouve sur wikisource.

« Il n’y a pas de kiosque ni de stèle, mais il n’en est point besoin. Car, lorsqu’on découvre la montagne funéraire, on voit soudain qu’elle occupe sur le sol la même place souveraine que Che-houang-ti dans les mémoires écrits. Ce tumulus, le plus ancien parmi ceux qui sont identifiés avec certitude et ne semblent pas remaniés, est aussi le plus grand, celui dont la forme indique le plus de recherche et exprime le plus de beauté. »


(Victor Segalen dans « Les tumulus impériaux de la vallée de la Wei »)

Un passage des « Mémoires Historiques », un récit antique sur le mausolée de l’Empereur Qin Shi Huang de Sima Qian (ou Sseu-ma-Ts’ien ;145 – 90 avant notre ère), historien de la dynastie des Han Occidentaux (206 – 24 avant notre ère) traduit par le professeur Chavannes est retranscrit dans le texte de Victor Segalen.

Sima Qian prétend que des objets précieux ont été enfermés dans le tombeau de Qin à sa mort et qu’un système de pièges en protégeait l’entrée, décrivant même le décor du tombeau.
Selon lui, les femmes de l’Empereur qui n’avaient pas donné de fils furent tuées peu de temps après sa mort et enterrées avec lui et les ouvriers et artisans furent enfermés dans le mausolée.

« Dès le début de son règne, Che-houang avait fait creuser et arranger la montagne Li. Puis, quand il eut réuni dans ses mains tout l’Empire, les travailleurs qui y furent envoyés furent au nombre de plus de sept cent mille ; on creusa le sol jusqu’à l’eau; on y coula du bronze et on y amena le sarcophage; des palais, des (bâtiments pour) toutes les administrations, des ustensiles merveilleux, des joyaux et des objets d’art y furent transportés et enfouis et remplirent (la sépulture). Des artisans reçurent l’ordre de fabriquer des arbalètes et des flèches automatiques; si quelqu’un avait voulu faire un trou et s’introduire (dans la tombe), elles lui auraient soudain tiré dessus. On fit avec du mercure les cent cours d’eau, le Kiang, le Ho et la vaste mer ; des machines le faisaient couler et se le transmettaient de l’une à l’autre. En haut étaient tous les signes du ciel, en bas toute la disposition géographique. On fabriqua avec de la graisse de phoque des torches qu’on avait calculées ne pouvoir s’éteindre de longtemps.
Eul-che [son héritier] dit: « Il ne faut pas que celles des femmes de l’Empereur décédé qui n’ont pas eu de fils soient mises en liberté. » Il ordonna que toutes le suivissent dans la mort; ceux qui furent mis à mort furent très nombreux. Quand le cercueil eut été descendu, quelqu’un dit que les ouvriers et les artisans qui avaient fabriqué les machines et caché les trésors savaient tout ce qui en était, et que la grande valeur de ce qui était enfoui serait donc divulguée ; quand les funérailles furent terminées et qu’on eut dissimulé et bouché la voie centrale qui menait à la sépulture, on fit tomber la porte à l’entrée extérieure de cette voie, et on enferma tous ceux qui avaient été employés comme ouvriers ou artisans à cacher (les trésors) ; ils ne purent pas ressortir. On planta des herbes et des plantes pour que (la tombe) eût l’aspect d’une montagne.
 »


(Sima Qian dans « Mémoires Historiques »)

On peut trouver un autre extrait de Sima Qian dans « Les vestiges d’un ancien Empire », un article de la revue en ligne « La Chine » écrit par Lu Xi sur les vestiges de l’ancien Empire.

Une série de neuf questions sur le mausolée de l’Empereur Qin Shi Huang est posée dans l’article « Nine major enigmas of Qin Shihuang Mausoleum » daté du 11 juillet 2005 sur le site internet People’s Daily Online.

Quelle est la structure du palais souterrain? Combien de trésors rares et précieux sont cachés sous terre ? Y a-t-il un système anti-vol à l’intérieur du palais? À quelle profondeur a été creusé le palais souterrain ? Est-ce que le cercueil est en cuivre ou en pierre ? Est-ce que le squelette de l’Empereur est bien conservé?

Chaque énigme correspond à un paragraphe en anglais dont le contenu résume les dernières avancées des scientifiques sur un domaine précis.

On y apprend que le mausolée dans son ensemble fait 41.600 m² et que selon les sondages électromagnétiques, le palais souterrain se trouverait à 26 m environs sous terre ! Il prendrait la forme d’une grotte verticale et l’accès au tombeau serait fermé par trois portes successives et protégé par un dispositif de flèches automatiques. Mais il est impossible d’en savoir plus sans pénétrer à l’intérieur du bâtiment. Or les fouilles du tumulus sont strictement interdites.

Lors des fouilles archéologiques, un sondage a révélé qu’il y avait une grande quantité de mercure sur une superficie de 12.000 m² dans le mausolée.

La description des « Mémoires historiques » serait donc avérée pour ce qui concerne la présence de cuivre.

En juillet 2007, un article du site French Xinhuanet titre « Un bâtiment mystérieux découvert dans le tombeau du premier Empereur chinois ».

Grâce à la télédétection, les archéologues auraient pu confirmer l’existence d’un édifice de 30 m de haut enterré dans le tombeau de Qin Shi Huang. Pour les chercheurs, il est difficile d’avoir une image complète du bâtiment qui se trouve à l’intérieur du tumulus car la fouille du tombeau même reste interdite.

« Ce bâtiment, enterré à 51 mètres de profondeur dans un espace en forme pyramide au-dessus de la principale construction souterraine, est entouré de quatre murs semblables à des escaliers, chaque mur ayant neuf marches.
Il est difficile pour les chercheurs d’avoir une image complète de l’édifice, qui se trouve sous terre.
Il pourrait avoir été construit pour laisser sortir l’âme de l’empereur.
 »


(Duan Qingbo, chercheur de l'Institut de l'Archéologie du Shaanxi)

L’armée de terre cuite.


Autour du mausolée on été retrouvés de nombreux vestiges et des fosses contenant des soldats et des chevaux en terre cuite. Or les sources historiques ne mentionnent pas la présence des ces statues.

Les archéologues émirent de nombreuses hypothèses.
Par exemple, certains affirmèrent que, puisqu’il n’y a pas mention de l’armée en terre cuite dans les textes historiques, il est possible que les chevaux et guerriers terracotta fussent ajoutés après l’ensevelissement de l’Empereur Qin.

Pour déterminer la véracité de cette hypothèse, les sculptures en terre cuite doivent être datées par une datation absolue.
Il est possible que les historiens voulussent garder cela secret ou bien au contraire qu’ils n’avaient pas assez d’informations sur la composition du mausolée, car sa construction était un haut secret d’État et les gens qui y travaillaient furent ensevelis vivants à l’intérieur de ses murs.

De source historique, on sait que l’empereur Qin Shi Huang habitait dans le palais de Xianyang, capitale du royaume des Qin protégée par une grande armée divisée en trois parties :

 – Le gros des troupes de la garde impériale s’occupait de la sécurité du palais et de l’Empereur, particulièrement lors de ses déplacements.

 – Une partie de la garde impériale protégeait l’extérieur du palais, montant la garde autour du bâtiment impérial et des résidences des hauts Mandarins vivant dans la cité.

 – L’armée en garnison à l’intérieur de la cité Xianyang protégeait la capitale et participait aux combats en cas de guerre.

Un article du journal web du Global Times revient sur un débat de longue date autour de l’armée terracotta du mausolée de l’Empereur Qin Shi Huangdi.

Daté du 11 août 2009, l’article titre « Terracotta Warriors not Emperor Qin’s? ». L’auteur Wang Chunhong y retrace la polémique autour du commanditaire du mausolée en commençant par citer le livre « TheTruth of Terracotta Warriors » de Chen Jingyuan, un historien et architecte chinois.

Selon ce dernier, les donnés stylistiques des soldats et des chars indiquent une construction du mausolée antérieure à l’Empereur Qin. Ce serait en fait sa riche aïeule l’Impératrice Xuan, appellée aussi Impératrice douairière Cixi de l’Antiquité, qui serait à l’origine de cette commande.

« The hairstyle, the ancient Chinese characters found on some unearthed warriors and other evidence indicate the owner of the warriors was Empress Xuan. […] The hairstyle of the warrior’s is the same as the Chu minority, the ethnicity of the Empress. If Emperor Qin had designed the army, they would be dressed in Han style. […] The warriors were painted in many different colors, which is in stark contrast to the black-clothed soldiers of the Qin Dynasty. »


(Chen Jingyuan pour le Global Times)

Après avoir expliqué le point de vue de Chen Jingyuan, l’article du Global Times donne la parole à l’autre camp, représenté par Liu Zhancheng, le chef de l’équipe archéologique et professeur à l’École Normale Supérieure du Shaanxi.

« In the Qin Dynasty, black was a superior color. The Qin people wore black during grand occasions, such as sacrificial ceremonies, but there was no need for people to wear black all the time. »


(Liu Zhancheng pour le Global Times)

En 2003, des recherches sur un ancien four à briques et tuiles situé à 50 m du mausolée furent effectuées. Une fosse contenant les ossements de vingt-et-une personnes différentes fut découverte. Les études ADN des ossements révélèrent que l’un des individus avait les traits génétiques des Eurasiens de l’ouest. Les scientifiques conclurent qu’il y avait des échanges fréquents entre les asiatiques de l’est et les Eurasiens de l’ouest bien avant la route de la Soie qui fleurit sous la dynastie des Han (220 – 206 avant notre ère).

On peut dès lors supposer qu’il y aurait des représentations d’étrangers parmi les soldats en terre cuite mais qu’elles n’ont pas encore été découvertes.

Or certains guerriers en terre cuite arborent des visages verts alors que la majorité des guerriers ont des visages clairs. Certains prétendent que ce serait un mauvais tour joué par les artisans de l’époque, pour d’autres cela représenterait peut-être des étrangers. Sur certains guerriers en terre cuite, on a retrouvé les restes de motifs polychromes indiquant qu’ils étaient probablement tous colorés à l’origine.
Pour l’instant, les fouilles n’ont donné aucune réponse à cette hypothèse.

Un passage du mémoire de Hélène de Ribeaupierre paru en 2007 s’intéresse aux fonctions de l’armée en terre cuite, évoquant les hypothèses des chercheurs.

L’un de ces théories est issue d’un ouvrage intitulé « L’armée éternelle : Les soldats du premier Empereur de Chine » édité par National Geografic en 2005, écrit par Ciarla, Roberto. Lanciotti, Lionello et d’autres.

« Les spécialistes de géomancie jugèrent le site tout à fait propice. Protégé au sud par le pouvoir de la terre, le Lishan, et au nord par celui des eaux, la rivière Wei, il est traversé par l’axe nord-sud autour duquel se déploie le mausolée et qui relie le mont Li au sud et les temples de la vieille capitale Yueyang, au nord. A l’ouest, la puissance des montagnes, la chaîne des Qinling, et celle des ancêtres vénérés dans les temples ancestraux auxquels la sépulture est reliée par une allée de 50 kilomètres veillant sur le repos éternel de l’Empereur. À l’est, en revanche, les cols qui accédaient à la grande plaine centrale, aux pays que Qin avait soumis et aux terres ennemies ouvraient une brèche dans le dispositif symbolique de protection. L’Armée de terre cuite représente donc, de ce côté-là, l’élément protecteur du souverain »


(Ciarla, Roberto. Lanciotti, Lionello. & al. dans « L'armée éternelle : Les soldats du premier Empereur de Chine »)

Un autre hypothèse voudrait que les figures de terre cuite fussent ensevelies pour remplacer les sacrifices humains.

En effet, même si ces sacrifices furent interdits à partir du règne de l’Empereur Qin Shi Huang, il était coutume durant les dynasties antérieures d’offrir des vies humaines au défunt en plus des objets d’accompagnement dans les sépultures. Plus le défunt avait un rôle important dans la société, plus il avait d’objets et de sacrifices dans sa tombe. Il est donc possible que la pratique du sacrifice humain ait été symboliquement remplacée par les statuettes en terre cuite.

Concluons sur une seconde citation de l’ouvrage « L’armée éternelle : Les soldats du premier Empereur de Chine » présente dans le mémoire de Hélène de Ribeaupierre cité précédemment.

« Sima Qian raconte qu’à la fin de son règne, l’esprit de l’Empereur était affligé par une idée fixe, funeste, vaine et arrogante : il souhaitait se rendre aux îles des Immortels pour se procurer l’élixir de l’immortalité. Une science comme l’archéologie aura probablement des difficultés – en supposant qu’elle en ait l’objectif – à vérifier cette hypothèse. Mais dans le fond, une vérification de ce genre aurait-elle un sens alors que nous avons déjà la réponse sous les yeux ?
Il semble bien que les émissaires du Premier Auguste Empereur se sont rendus sur les îles des Immortels et que les habitants leur ont donné l’élixir, mais à une condition : en échange de l’immortalité, Qin Shi Haungdi devait renoncer à la gloire. L’Empereur a donc choisi.
Quand on fouillera sa tombe, sous un tas de cendres et parmi les trésors carbonisés, on retrouvera un flacon jamais ouvert. Le sourire de l’Empereur flottera alors : juste avant de mourir, il avait compris que la véritable immortalité est celle de vivre dans la mémoire des hommes.
De cette façon, Qin Shi Huangdi est immortel.
»


(Ciarla, Roberto. Lanciotti, Lionello & al. dans « L'armée éternelle : Les soldats du premier Empereur de Chine »)