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La Chine fait son cinéma

« The Emperor’s Shadow »

En 1996 est sorti le film le plus cher de l’histoire de l’industrie cinématographique de Chine : « The Emperor’s Shadow » réalisé par Zhou Xiaowen.

Risquons-nous à une traduction du titre en français, ce qui donne : « L’ombre de l’Empereur ».

Vous pouvez aussi rencontrer ce film sous le titre de « Qin Song », que nous trouvons d’ailleurs plus poétique et qui est la traduction du titre en mandarin.

Ce film fut très critiqué par le public pour son manque de véracité historique.
Le directeur de production Zhou Xiaowen rétorqua :

« I don’t like history; I just like the buildings, the palaces, the dress. »

(Zhou Xiaowen)

Il s’agit évidemment du fameux et célèbre Qin Shi Huang qui gouverna la Chine d’une main de fer entre 246 et 210 avant notre ère.
L’histoire est simple, à travers ses nombreuses conquêtes et autodafés, l’Empereur veut écrire un hymne à la gloire de son nouvel État. Pour cela, il fait kidnapper un ami de jeunesse, saccageant au passage l’état de Yan.
Mais rien ne se passe comme prévu. Le compositeur Gao Jianli à du mal à accepter l’esprit du despote. Pour couronner le tout, la fille de ce dernier vient perturber une histoire déjà très tourmentée.

Si vous avez lu l’article « Un opéra pour l’Empereur Qin », vous aurez sûrement perçu de grandes similitudes. Rien d’étonnant à cela puisque le compositeur Tan Dun s’est grandement inspiré du film.

Télécargé depuis GoogleImage le 16/04/2012

Nos sources proviennent malheureusement en grande partie de l’article « Emperor’s Shadow » de Wikipédia. Nous restons donc circonspects envers cette critique au vu des erreurs déjà rencontrées sur ce site.

Véritable péplum chinois, « The Emeror’s Shadow » a du faire grincer les dents des autorités au pouvoir, car dans l’une des scènes du film notre cher Empereur exprime avec conviction sa volonté de contrôler l’esprit et le cœur du peuple.

Le parallèle est assez flagrant avec la politique de Mao Zetong, sa maîtrise des arts pour asseoir une domination idéologique, une détermination terrible visant à tout prix à museler le peuple.

Peut-on y voir une critique du pouvoir en place à peine voilée ?
Certainement, puisque le film fut suspendu pendant huit mois. Bien sûr, l’État ne livra aucune justification à cette censure et n’en donna pas non plus quand le film fut autorisé à la rediffusion.
À notre connaissance, aucune suppression n’a été rapportée.

L’article précise que le directeur Zhou Xiaowen signale lors de la première du film le 7 juin de la même année :

« Chinese rulers have always wanted to control our spirit. But they cannot succeed in doing so. »

(Zhou Xiaowen à l'avant première du film « The Emeror's Shadow ») 

Quoi qu’il en soit, nous vous conseillons de lire cet article afin de forger votre propre opinion.

Pour approcher l’atmosphère du film, rien de mieux que de voir sa bande-annonce !
Celle-ci nous est proposée par zieba en 2010 sur Youtube.

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Les soldats de l’Empereur Qin se promènent en Europe

Les soldats de l’Empereur Qin se promènent en Europe.

L’ARMÉE DE QIN FAIT SENSATION

AU BRITISH MUSEUM

« Les soldats chinois ont conquis le British Museum » poste le journal web Le Figaro sur sa page culture le 30 septembre 2008.
Cyrille Vanlerberghe, journaliste du service science fait le point sur l’exposition « The First Emperor : China’s Terracotta Army » qui se tenait au cœur même du British Museum du 13 septembre 2007 au 6 avril 2008 dans la salle de lecture « The Reading Room » spécialement aménagée à cet effet. Que les bibliophiles se rassurent, les livres composant normalement la bibliothèque n’ont subit aucun dégât, et ils étaient disponibles dans une autre salle plus loin dans le musée, après la « Enlightenment Gallery ». De plus tout les aménagements effectués étaient totalement réversibles.

Le mystère qui entoure cette fabuleuse découverte est sans doute à l’origine de l’extraordinaire engouement des Anglais pour les soldats de terre cuite, on n’avait pas vu cela depuis l’exposition sur les trésors de Toutankhamon en 1972 nous dit-il ! Avec 850 000 visiteurs, l’exposition est plus qu’un succès, c’est un phénomène.

« Les portes du musée ont dû être fermées certains jour pour empêcher du monde de rentrer, rappelle le times, qui a décerné à Neil MacGregor, le directeur du British Museum, le titre envié de Britannique de l’année 2008, toutes catégories confondues ! »

(C. Vanlerberghe pour « Le Figaro.fr »)

Mais comment expliquer cette ferveur ?
Pour en savoir plus, nous nous sommes rendus sur le site du British Museum.
Grâce aux efforts et à la ténacité du directeur, le Musée de l’Armée en terre cuite et le Bureau des vestiges culturels de la province du Shaanxi à Xi’an en Chine ont bien voulu prêter 120 artefacts et objets.

Des images du déballage des caisses sont disponibles sur le site de la BBC news dans la galerie « In pictures : China’s Terracotta Army ». Une douzaine de soldats en terre cuite, des chevaux, des acrobates et même des musiciens ont été repartis de manière astucieuse dans le cœur du musée.
L’agence Metaphor
et les conservateurs ont voulu recréer un espace permettant de saisir tout le pouvoir et le drame des objets funéraires présentés au public.

La commissaire de l’exposition, Jane Portal, s’exprime sur l’exposition et raconte :

« The chance discovery of the terracotta army astounded the world. This exhibition will provide a wonderful opportunity to see these extraordinary objects close up and to learn about an empire which at its height was the rival of Rome and was to prove historically more enduring. »

(Jane Portal pour le British Museum)

Vous pouvez lire aussi sur le site britannique Apollo magazine un article publié le 1 septembre 2007, dans lequel Jane Portal explique en détails l’importance des dernières découvertes du site. Apollo Magazine, fondé en 1925, est spécialisé dans les Arts visuels. Le rédacteur en chef actuel est Oscar Humphries.

L’exposition retrace d’abord la vie et la montée au pouvoir de l’Empereur, puis on nous présente les mythes et mystères qui l’entourent. On voit combien cette découverte historique et archéologique fascine le public. La Chine qui est l’une des plus grande puissance économique, nous montre ici sont héritage culturel qui n’a absolument rien à envier à la culture occidentale.

Le financement de l’entreprise mondiale Morgan Stanley a été salué par la critique.

LA CHINE EN BELGIQUE

Dans la petite ville de Limbourg s’est tenu une exposition au sein de l’église des Frères Mineurs du 1 octobre 2008 au 31 Mars 2009.
C’est le Musée Maaseik de Belgique qui est a l’origine de cette manifestation culturelle intitulée « L’armée de Terre Cuite de Xi’an : Trésors des premiers Empereurs de Chine » :

« 14 soldats de terre cuite accompagnés de plus de 200 offrandes funéraires exceptionnelles des dynasties Qin et West-Han. Ces objets proviennent des complexes funéraires des empereurs et des tombeaux d’aristocrates qui ont suivi les empereurs dans l’au-delà. Des armes uniques et des objets en fer, bronze, argent, or, céramique et jade en révéleront toute la richesse. »

(Musée Maaseik)

Le site internet du Musée Maaseik vous permet, même trois ans après, de revenir sur l’exposition.
Vous trouverez plusieurs pages : Introduction, Contexte, Exposition, Factsheet, Galerie, et trois vidéos dont la bande annonce de l’exposition, qui ne dure que 19 secondes mais est particulièrement intéressante.
De prime abord le site ne paie vraiment pas de mine, mais quand on s’y penche d’un peu plus près, il est vraiment très bien fait et très facile d’accès, sans fioriture.
Seules petites ombres au tableau, sur la page vidéo, la deuxième vidéo (licence Youtube) n’est plus accessible et le lien vers la photographie panoramique de l’armée Terracotta de Patrimoine-Mundi est cassé. Nous avions déjà cité ce dernier lien dans un autre article. Le prix aurait également pu faire fuir les plus courageux puisqu’il vous aurait fallu débourser 16,50 € pour visiter cette exposition !
Voici une vidéo de l’exposition de 4 minutes proposée par MarcoSeiko sur Youtube depuis 2008. Retenons l’atmosphère lourde et sombre. Toujours la même scénographie mise en œuvre pour montrer ces soldats, l’effet tombeau prime à chaque fois. La musique qui accompagne cette vidéo vous met tout de suite dans l’ambiance.

Dans son blog « Living in Belgium », Antonia Harrison décrit l’exposition de Maaseik en décembre 2008.

« These [Fourteen warriors from the Terracotta Army] life-size sculptures are literally placed in confrontation with the more delicate terracotta armies of the emperors from the Western Han dynasty. In addition to the fourteen original terracotta warriors, the Maaseik Museums are proud to present over two hundred grave gifts from the Qin and Western Han dynasties. These objects originate from the tomb complexes of the emperors and the tombs of aristocrats following their emperor into the hereafter. These unique weapons and other objects made of iron, bronze, silver, gold, stoneware and jade exemplify the riches of the ruling class of the early Chinese Empire. »

(Antonia Harrison pour « Living in Belgium ») 

« LES SOLDATS DE L’ÉTERNITÉ »

SONT À LA PINACOTHÈQUE DE PARIS

On ne présente plus cette formidable découverte fortuite faite par des paysans sur les plaines de Xi’an en 1974. Le Musée d’Art et d’Histoire de la Province du Shaanxi, en Chine a prêté à la Pinacothèque 20 statues de soldats issus de l’armée enterrée pour une exposition totalement dédiée à celui qui unifia la Chine et à sa famille. L’exposition se déroulait du 15 avril au 14 septembre 2008, et elle se composait de trois parties :

  • Le Royaume Qin pendant les périodes de Printemps et Automne (770 – 450 avant J.-C.).

  • La vie matérielle, culturelle et rituelle à la période des Royaumes combattants et du royaume Qin.

  • La tombe du Premier empereur.

« Exposition exceptionnelle autour des légions enterrées en terre cuite de l’empereur Qin, souvent appelées les Guerriers de X’ian. »

(Pinacothèque)

Venez la visiter avec le directeur de la Pinacothèque de Paris Marc Restellini à travers une vidéo diffusée par NajaPress (©Tanguy Cadieu/Naja) le 24 juin 2008 sur Dailymotion, un site d’hébergement de vidéo intitulée « Exposition « les soldats de l’éternité » avec le directeur de la Pinacothèque de Paris ».

Sur le site de Radio 86, on vous propose un échange entre Marion Siffert, journaliste radio, et Marc Restellini, le directeur de la Pinacothèque. L’article qui accompagne le podcast audio est de Daniel Ernult.

Nous pouvons écouter également l’émission de radio « Le Salon noir » de France Culture du mercredi 9 juillet 2008 durant lequel Vincent Charpentier interviewe Alain Thote, commissaire de l’exposition. C’est le site de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) qui vous propose cet enregistrement.

EXPOSITION À LA FOIRE DE BOURGES

Après la Pinacothèque de Paris, c’est au tour de la Foire de Bourges de présenter les soldats et chevaux de Qin.

Cette 89ème édition de la foire à été particulièrement remarquée grâce à la venue d’invités prestigieux en somme tous un peu âgés puisqu’ils ont plus de 2200 ans, mais d’une expressivité à toute épreuve !

Nous avons trouvé deux blogs qui reviennent sur cette exposition.

Le premier est tenu par le comité de Jumelage de St Martin d’Auxigny et a pour but d’informer les citoyens de la ville. Un article intitulé « La Chine à la foire de Bourges » daté du 17 juin 2008 fait une rapide description du mausolée de Qin et ajoute des photos des soldats vus à la Foire.

Le second est Sport.Santé.com, un site dédié au sport qui regroupe des passionnés. L’un des administrateur, Véronique, consacre une partie du site aux « Sorties Culturelles », catégorie réservée aux manifestations et autre nouveautés de la ville de Bourges. L’article « La Chine de Xi’an à la foire de Bourges » est daté du 6 juin 2008 et tout comme dans le blog de Saint Martin d’Auxigny, on retrouve une description assez détaillée des quatre fosses du mausolée ainsi que des photographies du même type, mais avec une atmosphère beaucoup moins solennelle. Un mauvais point pour la configuration du site qui est inesthétique à cause des autres sites hébergés.

Nous déplorons la mauvaise qualité des photographies, car même en consultant les images de ces deux sites amateurs, l’internaute à bien du mal à se faire une idée de la scénographie de l’exposition. Ce qui semble en revanche certain, c’est que les soldats et les chevaux étaient présent en grand nombre pour le plaisir des petits et des grands Berruyers .


Les soldats de Qin en visite au Canada

Une exposition itinérante en terre cuite


A Toronto

Le 2 février 2010, Vincent Muller écrit « L’armée impériale chinoise débarque à Toronto » pour le site internet de l’Express magazine, l’hebdomadaire des francophones du grand Toronto. Cet article annonce l’exposition des guerriers de terre cuite du mausolée de l’Empereur Qin Shi Huang au Royal Ontario Museum (ROM) de Toronto. Cet événement serait le premier d’une série dans le cadre d’une exposition itinérante à travers le Canada.
En effet, le ROM et le musée des Beaux Arts de Montréal entamèrent des démarches auprès des autorités chinoises quasiment en même temps. Joignant leurs forces, les deux maisons parvinrent au bout de six ans de démarches à organiser une exposition d’ampleur.

« En tout, ce seront 120 ensembles d’objets, soit plus de 250 artefacts datant du premier millénaire avant J.-C., dont 18 sculptures en terre cuite grandeur nature, que le public canadien pourra découvrir. Les sculptures représentent du personnel militaire et civil très varié: des généraux, des soldats cuirassés, des officiers de grade inférieur, des archers, un acrobate, un cavalier, un conducteur de char ainsi que deux chevaux. »

(Vincent Muller pour l'Express Magazine)

Dans le communiqué de presse du ROM du 25 juin 2010, on découvre les dates de l’exposition : du 26 juin 2010 au 2 janvier 2011.
Celle-ci, mise en scène dans le Hall d’exposition Garfield Weston du Cristal Michael Lee-Chin au niveau B2 du Musée contenait un nombre jamais atteint d’objets de très grande valeur. Certains n’avaient même jamais été exposés.

On apprend que deux sponsors majeurs ont livré les fonds nécessaires au ROM. La famille Ho et le groupe financier BMO, une banque canadienne qui figurent tous deux en bas de l’affiche d’exposition. 

250 objets étaient présents, dont 6 soldats, un fonctionnaire civil, un artiste, deux chevaux et deux généraux en terre cuite.

L’exposition se découpait en trois parties. La première concernait la période d’ascension des Qin, la seconde son apogée avec les soldats terracotta et la dernière portait sur la dynastie Han.

Le professeur Chen Shen, conservateur principal depuis 1997, titulaire de la Chaire d’art et d’archéologie de l’Asie orientale au Département des cultures du monde du ROM a préparé à titre de commissaire le contenu de la tournée canadienne et se félicite d’avoir réussi à mener à bien un aussi gros défi.
Le professeur a organisé un cycle de conférence autour des soldats.

« La conception même d’une tournée nationale est nouvelle et sa présentation est contextuellement différente des expositions internationales précédentes. Le nombre de guerriers grandeur nature et l’ampleur de l’exposition en font la plus grande présentation, en Amérique du Nord, de l’armée du Premier Empereur. Un grand nombre des pièces montrées dans le cadre de cette tournée n’ont jamais quitté la Chine. En réalité, certaines n’ont encore jamais été exposées dans des musées chinois. C’est un grand triomphe pour le ROM et pour nos partenaires canadiens. »

(Chen Shen pour le ROM)

À Montréal


Une nouvelle exposition pour une nouvelle ville 

Après Toronto, on a pu voir au Musée des Beaux Arts de Montréal du 26 février au 11 juin 2011 l’exposition « L’Empereur guerrier de Chine et son armée de terre cuite ».
Le site du musée décrit le parcours de cette fabuleuse reconstitution historique et archéologique.

Tout comme au ROM, elle se divise en trois parties.
La première propose un bref aperçu de l’histoire de Chine du IXème siècle avant notre ère jusqu’à l’ascension de Ying Zheng, qui en prenant le pouvoir en 247 avant J.-C devint l’unificateur de l’Empire du milieu. Il se fera appeler Qin Shi Huang Di qui signifie littéralement « le premier auguste souverain ». Sont exposées de récentes découvertes et les premiers soldats déterrés, ainsi qu’une somptueuse peinture murale retrouvée dans le palais de l’Empereur.
La deuxième partie porte sur la vie de Qin et sur son monumental héritage.
La dernière partie revient sur les troubles politiques et la montée de la dynastie des Han au pouvoir.

Des informations complémentaires sont disponibles dans la revue de presse du MBAM daté du 6 décembre 2010 au 7 janvier 2011 et disponible au format pdf.

Dans cette vidéo de 2 minutes publié par « montreal157 » en février 2011 sur Youtube est présentée l’exposition au MBAM. De courts extraits des conférences de Nathalie Bondil et de Laura Vigo, toutes deux en charge de la scénographie, sont montrés, entrecoupés par une déambulation dans les salles d’exposition.
Cette vidéo est réalisée par Jacqueline Mallette de ServicesMontreal.com.

Le célèbre sinologue Charles Leblanc, professeur émérite du département de philosophie de l’Université de Montréal et du Centre d’études de l’Asie de l’Est a fait le déplacement. Cette information est disponible sur le site de l’université de Montréal dans la rubrique du CERIUM.

Grand spécialiste de la Chine, il a à plusieurs reprises entrepris le voyage jusqu’au tombeau. Il s’exprime dans le journal de l’université de Montréal et raconte l’histoire de cet Empereur, ce qu’il a apporté à la Chine dans un article proposé par Marie Lambert-Chan.
L’exposition est un succès à ses yeux.

« Je cours ce genre d’exposition d’objets chinois et je dois avouer que, jusqu’à présent, c’est la plus belle que j’ai vue. »

(Charles Leblanc pour le journal de l'Université de Montréal)


Un colloque pour L’Empereur Qin au Musée des Beaux-Art de Montréal

Le 25 février 2011 le Musée des Beaux-art de Montréal organisait un colloque autour de son exposition phare « L’empereur guerrier de Chine et son armée de terre cuite ». Le compte rendu en format pdf vous est proposé par le MBAM.

Cette journée réunit des chercheurs, historiens et archéologues des universités McGill, Columbia University, Université de Montréal et bien d’autres derrière le thème « Nouvelles perspectives archéologiques sur la dynastie des Qin ».

Il y a une volonté de la part des chercheurs de réinterpréter l’héritage monumental laissé par la dynastie Qin du III ème millénaire avant notre ère.

« [Le but est]de fournir un nouvel éclairage sur l’histoire et la société chinoises, en explorant le contexte et les diverses interprétations de la culture matérielle, de même que l’importance de ces informations pour l’art et l’archéologie. Les répercussions sur le plan social, les valeurs, les aspects politiques et archéologiques de la civilisation de Qin seront abordés dans un contexte élargi. »


(Colloque « Nouvelles perspectives archéologiques sur la dynastie des Qin » au MBAM)

L’oeuvre de l’Empereur inspire les artistes du XXème siècle

Un tumulus pas comme les autres

En 1909 le médecin brestois Victor Segalen part pour la Chine afin d’y soigner les malades de la peste. Il s’y installe un an plus tard avec sa famille. Cet homme est en faite bien plus qu’un simple médecin, ethnologue, archéologue et même écrivain, il décide en 1914 d’organiser une mission archéologique dédiée aux tombeaux des Han. Lors de son voyage, il prendra le 16 février ce cliché.

Téléchargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Vous l’aurez reconnu, c’est notre tumulus, sa face nord pour être exact. Nous sommes 50 ans avant la découverte du grand monument funéraire. Segalen avec son regard affuté, en voyant cette montagne, ne résiste pas à en prendre les mesures exactes. Il savait que le tell appartenait à l’Empereur Qin Shi Huang mais il n’imaginait peut-être pas l’étendue de cet d’extraordinaire tombeau.
Il décrit de manière très poétique et romanesque sa visite sur le mausolée. Wikisource, la bibliothèque numérique libre a archivée le compte rendu de sa Mission publié cinq ans après sa mort.

Wikisource est l’un des innombrables outils développés par Wikipédia, créé en 2003 en Floride par Jimmy Wales. Très facile d’utilisation, c’est une source qu’il ne faut pas négliger, car contrairement à son encyclopédie en ligne, les sources proposées dans cet outils sont pour la grande majorité acceptées par la communauté universitaire.

Capture d’écran du site, le 15/04/2012

Bien que nous l’ayons déjà présenté dans l’article consacré au mausolée de Qin Shi Huang, nous revenons ici un peu sur le sujet.
Segalen procède à la manière des ethnographes de son siècle, à savoir par une description exhaustive du site, tout en y mêlant de la littérature classique et des écrits historiques comme
l’Histoire des Trois Royaumes de San-Koué-Tchy et Les Mémoires Historique de Se-ma Ts’ien. La traduction de ces ouvrages nous semble quelque peu farfelue et Segalen interprète lesdits récits avec un vocabulaire qui nous étonne un peu :

« Il n’est fait, dans les aménagements et la décoration, aucune présomption d’une vie extraterrestre ; c’est une raison de croire que les Chinois, dès avant l’époque Han, ne traitaient, même dans les tombes, que des représentations de la vie humaine. »


(Victor Segalen dans « Tombeau de Che-houang-ti.Mission archéologique en Chine. Les Tumulus impériaux de la vallée da la Wei »)

Bien sûr, l’acception du mot « extraterrestre » est à nuancer, cela n’avait pas le sens que nous lui connaissons ; en utilisant ce mot l’archéologue fait allusion à ce que l’on pourrait appeler la dimension transcendante de la condition d’être terrestre.

Capture d’écran du site du Musée Guimet, le 15/04/2012

La photographie du tumulus fait partie du fond Segalen conservé au Musée Guimet, musée des arts asiatiques.
Elle est disponible sur leur site récemment rénové. Le tumulus est présenté par un court article qui revient sur la mission de Segalen, sa vie et son œuvre comme les romans
Stèles et Le Fils du Ciel.
L’article est un peu trop bref et certains propos manquent de clarté. Outre l’ergonomie trop spartiate et l’interactivité très limitée, le plus regrettable reste la petite taille des images des collections et un cartel bien trop minimaliste. Pour un tel Musée c’est bien dommage et cela reflète surtout un manque d’interet à l’égard de la version numérique. De plus, en début d’année le cartel des images était bien plus fourni qu’il ne l’est aujourd’hui. Ce changement s’explique mal. Le site est censé être la vitrine du musée et par là même, donner envie à l’internaute de s’y rendre. Nous sommes au regret d’affirmer que l’objectif est loin d’être atteint.

Cette photographie est exposée comme une œuvre d’art et Segalen, on ne peut le nier, avait de multiples talents dont celui de la photographie.

Cela nous amène à vous montrer une autre œuvre d’art, une sculpture d’argile cette fois.

Une sculpture pour les artisans du tombeau

Téléchargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Cette œuvre contemporaine représente les ouvriers en train de fabriquer les chevaux et soldats qui composeront l’armée en terre cuite de Qin. Bien que nous ayons procédé à de nombreuses recherches sur le web, nous ne sommes pas parvenus à retrouver l’artiste qui est à l’origine de cette sculpture. Néanmoins nous avons déniché un blog qui se sert de cette œuvre pour détailler les techniques qu’utilisaient les sculpteurs afin de construire l’armée en terre cuite.

Téléchargé sur le site de Betty Faire, le 15/04/2012

Cette approche peu commune, est largement bien menée et c’est Betty Faivre qui en est l’auteur. Nous avons déjà commenté sa page dédiée à l’Empereur dans un autre article et souligné les soucis rencontrés dans l’ergonomie du site.

Elle énonce les différentes techniques comme le foulage ou l’utilisation de moules, puis revient brièvement sur le mode de cuisson et le modelage des expressions des soldats.

Téléchargé sur le site de Betty Faire, le 15/04/2012

Cette mise en abime rend hommage à ces milliers d’anonymes qui, pendant près de quatre décennies, confectionnèrent plus de 8000 soldats et chevaux pour satisfaire la folie d’un homme. Après la mort de ce dernier, les ouvriers se virent enfermés vivants pour finir leur ouvrage et garder à jamais les secrets du tombeau.

Des clichés de ces reconstitutions exposées durant l’exposition « The First Emperor: China’s Terracotta Army » au British Museum sont accessibles sur la page« In pictures: China’s Terracotta Army » de la BBC News.

Téléchargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Le soldat pantin géant à la petite fille

La Chine a connu avec Qin Shi Huang son premier véritable unificateur, le musée devait donc lui faire honneur.
Voici une photographie qui retint notre attention par son incongruité. Nous n’avons hélas que ce cliché à vous présenter, mais il vaut le détour. Il fut trouvé sur la galerie de photos de vacances de Pierre Thery, qui  regorge d’autres clichés pris à travers toute la Chine durant l’année 2009 et postés la même année sur son site. Vous y trouverez une quinzaine d’albums, notre photo se trouvant dans le deuxième album, à la page 4.

Téléchargé sur notre Flikr, P9, le 15/04/2012

Ce que vous voyez est le Hall du musée de Qin à Xi’an en Chine. Le photographe cadre les deux pantins articulés de taille impressionnante. Le plus grand, vous l’avez deviné, est fait sur le modèle des soldats en terre cuite et mesure environs 10 mètres. À côté de lui se tient une petite fille chinoise mesurant tout de même plus de 5 mètres de hauteur. Ils sont surement fait de bois, mais nous ne pouvons que spéculer, autant sur la composition que sur la taille, car nous n’en avons trouvé aucune autre allusion.
Les photos n’étant pas du tout légendées, la galerie perd en lisibilité. Les deux pantins géants sont mit en scène, ainsi le soldat donne la main à la petite fille à la manière d’un papa et ce dernier  baisse la tête vers elle.

Un portait flatteur

La galerie de photos d’Imelda propose un album dédié à l’exposition du Houston Museum of Natural Science qui eu lieu en 2009 à Houston dans l’état du Texas aux États-Unis. Nous lui consacrons un article dans notre catégorie exposition.
L’une des photos est particulièrement savoureuse et pour le moins inattendue.

Telechargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Un tableau d’un soldat en terre cuite à la manière de l’autoportrait de Andy Warhol, célèbre artiste fondateur du Pop Art.
Cette résurgence de l’armée de Qin par le Pop’art aurait certainement plu à Warhol. La sérigraphie que prônait l’artiste peut-être vue comme une mise en abîme de la production en série des soldats en terre cuite, mais le rapprochement s’arrête là, il ne faut pas oublier la volonté d’unicité recherché pour chacun des soldats.
C’est le musée qui est à l’origine de cette commande, mais nous n’avons trouvé aucune information complémentaire sur leur site.