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Le mausolée de l’Empereur Qin Shi Huang, entre mythe et réalité

Sous le règne de l’Empereur Qin Shi Huang, la Chine connut sa période la plus puissante.
L’empereur Qin jouissait de la vie sans aucun scrupule.

La construction de son mausolée dura 39 ans et 720 000 ouvriers durent y participer.
L’Empereur Qin Shi Huang se comportait comme un despote, il voyait les choses en grand. Cela explique probablement les dimensions monumentales de son mausolée dont voici l’article wikipédia intitulé « 
Mausolée de l’Empereur Qin » à prendre avec précautions.

Le tombeau de Qin Shi Huang serait l’un des plus ancien tumulus identifié en Chine.
Sa forme indique qu’il y a eu un travail de recherche et d’esthétisme.
Dès le début de son règne, il est obsédé par l’immortalité. C’est à l’âge de 26 ans que l’Empereur Qin débuta la construction de son tombeau. Il s’occupa dès lors des plans et envoya un grand nombre d’ouvriers sur ce gigantesque chantier.

Tout autour du mausolée, les archéologues ont retrouvé des guerriers et des chevaux en terre cuite.
À l’intérieur, dans la partie où devrait se trouver le cercueil de l’Empereur Qin Shi Huang, la fouille est interdite par les autorités chinoises. Selon les archéologues, plusieurs chambres funéraires seraient reliées au tombeau central de l’Empereur.


Le tumulus.


Le tombeau de Qin Shi Huang est décrit comme une montagne funéraire par Victor Segalen, un médecin, romancier, poète, ethnographe et archéologue français, dans son ouvrage intitulé « Tombeau de Che-houang-ti. Mission archéologique en Chine. Les tumulus impériaux de la vallée de la Wei » daté de 1923 – 1924, que l’on retrouve sur wikisource.

« Il n’y a pas de kiosque ni de stèle, mais il n’en est point besoin. Car, lorsqu’on découvre la montagne funéraire, on voit soudain qu’elle occupe sur le sol la même place souveraine que Che-houang-ti dans les mémoires écrits. Ce tumulus, le plus ancien parmi ceux qui sont identifiés avec certitude et ne semblent pas remaniés, est aussi le plus grand, celui dont la forme indique le plus de recherche et exprime le plus de beauté. »


(Victor Segalen dans « Les tumulus impériaux de la vallée de la Wei »)

Un passage des « Mémoires Historiques », un récit antique sur le mausolée de l’Empereur Qin Shi Huang de Sima Qian (ou Sseu-ma-Ts’ien ;145 – 90 avant notre ère), historien de la dynastie des Han Occidentaux (206 – 24 avant notre ère) traduit par le professeur Chavannes est retranscrit dans le texte de Victor Segalen.

Sima Qian prétend que des objets précieux ont été enfermés dans le tombeau de Qin à sa mort et qu’un système de pièges en protégeait l’entrée, décrivant même le décor du tombeau.
Selon lui, les femmes de l’Empereur qui n’avaient pas donné de fils furent tuées peu de temps après sa mort et enterrées avec lui et les ouvriers et artisans furent enfermés dans le mausolée.

« Dès le début de son règne, Che-houang avait fait creuser et arranger la montagne Li. Puis, quand il eut réuni dans ses mains tout l’Empire, les travailleurs qui y furent envoyés furent au nombre de plus de sept cent mille ; on creusa le sol jusqu’à l’eau; on y coula du bronze et on y amena le sarcophage; des palais, des (bâtiments pour) toutes les administrations, des ustensiles merveilleux, des joyaux et des objets d’art y furent transportés et enfouis et remplirent (la sépulture). Des artisans reçurent l’ordre de fabriquer des arbalètes et des flèches automatiques; si quelqu’un avait voulu faire un trou et s’introduire (dans la tombe), elles lui auraient soudain tiré dessus. On fit avec du mercure les cent cours d’eau, le Kiang, le Ho et la vaste mer ; des machines le faisaient couler et se le transmettaient de l’une à l’autre. En haut étaient tous les signes du ciel, en bas toute la disposition géographique. On fabriqua avec de la graisse de phoque des torches qu’on avait calculées ne pouvoir s’éteindre de longtemps.
Eul-che [son héritier] dit: « Il ne faut pas que celles des femmes de l’Empereur décédé qui n’ont pas eu de fils soient mises en liberté. » Il ordonna que toutes le suivissent dans la mort; ceux qui furent mis à mort furent très nombreux. Quand le cercueil eut été descendu, quelqu’un dit que les ouvriers et les artisans qui avaient fabriqué les machines et caché les trésors savaient tout ce qui en était, et que la grande valeur de ce qui était enfoui serait donc divulguée ; quand les funérailles furent terminées et qu’on eut dissimulé et bouché la voie centrale qui menait à la sépulture, on fit tomber la porte à l’entrée extérieure de cette voie, et on enferma tous ceux qui avaient été employés comme ouvriers ou artisans à cacher (les trésors) ; ils ne purent pas ressortir. On planta des herbes et des plantes pour que (la tombe) eût l’aspect d’une montagne.
 »


(Sima Qian dans « Mémoires Historiques »)

On peut trouver un autre extrait de Sima Qian dans « Les vestiges d’un ancien Empire », un article de la revue en ligne « La Chine » écrit par Lu Xi sur les vestiges de l’ancien Empire.

Une série de neuf questions sur le mausolée de l’Empereur Qin Shi Huang est posée dans l’article « Nine major enigmas of Qin Shihuang Mausoleum » daté du 11 juillet 2005 sur le site internet People’s Daily Online.

Quelle est la structure du palais souterrain? Combien de trésors rares et précieux sont cachés sous terre ? Y a-t-il un système anti-vol à l’intérieur du palais? À quelle profondeur a été creusé le palais souterrain ? Est-ce que le cercueil est en cuivre ou en pierre ? Est-ce que le squelette de l’Empereur est bien conservé?

Chaque énigme correspond à un paragraphe en anglais dont le contenu résume les dernières avancées des scientifiques sur un domaine précis.

On y apprend que le mausolée dans son ensemble fait 41.600 m² et que selon les sondages électromagnétiques, le palais souterrain se trouverait à 26 m environs sous terre ! Il prendrait la forme d’une grotte verticale et l’accès au tombeau serait fermé par trois portes successives et protégé par un dispositif de flèches automatiques. Mais il est impossible d’en savoir plus sans pénétrer à l’intérieur du bâtiment. Or les fouilles du tumulus sont strictement interdites.

Lors des fouilles archéologiques, un sondage a révélé qu’il y avait une grande quantité de mercure sur une superficie de 12.000 m² dans le mausolée.

La description des « Mémoires historiques » serait donc avérée pour ce qui concerne la présence de cuivre.

En juillet 2007, un article du site French Xinhuanet titre « Un bâtiment mystérieux découvert dans le tombeau du premier Empereur chinois ».

Grâce à la télédétection, les archéologues auraient pu confirmer l’existence d’un édifice de 30 m de haut enterré dans le tombeau de Qin Shi Huang. Pour les chercheurs, il est difficile d’avoir une image complète du bâtiment qui se trouve à l’intérieur du tumulus car la fouille du tombeau même reste interdite.

« Ce bâtiment, enterré à 51 mètres de profondeur dans un espace en forme pyramide au-dessus de la principale construction souterraine, est entouré de quatre murs semblables à des escaliers, chaque mur ayant neuf marches.
Il est difficile pour les chercheurs d’avoir une image complète de l’édifice, qui se trouve sous terre.
Il pourrait avoir été construit pour laisser sortir l’âme de l’empereur.
 »


(Duan Qingbo, chercheur de l'Institut de l'Archéologie du Shaanxi)

L’armée de terre cuite.


Autour du mausolée on été retrouvés de nombreux vestiges et des fosses contenant des soldats et des chevaux en terre cuite. Or les sources historiques ne mentionnent pas la présence des ces statues.

Les archéologues émirent de nombreuses hypothèses.
Par exemple, certains affirmèrent que, puisqu’il n’y a pas mention de l’armée en terre cuite dans les textes historiques, il est possible que les chevaux et guerriers terracotta fussent ajoutés après l’ensevelissement de l’Empereur Qin.

Pour déterminer la véracité de cette hypothèse, les sculptures en terre cuite doivent être datées par une datation absolue.
Il est possible que les historiens voulussent garder cela secret ou bien au contraire qu’ils n’avaient pas assez d’informations sur la composition du mausolée, car sa construction était un haut secret d’État et les gens qui y travaillaient furent ensevelis vivants à l’intérieur de ses murs.

De source historique, on sait que l’empereur Qin Shi Huang habitait dans le palais de Xianyang, capitale du royaume des Qin protégée par une grande armée divisée en trois parties :

 – Le gros des troupes de la garde impériale s’occupait de la sécurité du palais et de l’Empereur, particulièrement lors de ses déplacements.

 – Une partie de la garde impériale protégeait l’extérieur du palais, montant la garde autour du bâtiment impérial et des résidences des hauts Mandarins vivant dans la cité.

 – L’armée en garnison à l’intérieur de la cité Xianyang protégeait la capitale et participait aux combats en cas de guerre.

Un article du journal web du Global Times revient sur un débat de longue date autour de l’armée terracotta du mausolée de l’Empereur Qin Shi Huangdi.

Daté du 11 août 2009, l’article titre « Terracotta Warriors not Emperor Qin’s? ». L’auteur Wang Chunhong y retrace la polémique autour du commanditaire du mausolée en commençant par citer le livre « TheTruth of Terracotta Warriors » de Chen Jingyuan, un historien et architecte chinois.

Selon ce dernier, les donnés stylistiques des soldats et des chars indiquent une construction du mausolée antérieure à l’Empereur Qin. Ce serait en fait sa riche aïeule l’Impératrice Xuan, appellée aussi Impératrice douairière Cixi de l’Antiquité, qui serait à l’origine de cette commande.

« The hairstyle, the ancient Chinese characters found on some unearthed warriors and other evidence indicate the owner of the warriors was Empress Xuan. […] The hairstyle of the warrior’s is the same as the Chu minority, the ethnicity of the Empress. If Emperor Qin had designed the army, they would be dressed in Han style. […] The warriors were painted in many different colors, which is in stark contrast to the black-clothed soldiers of the Qin Dynasty. »


(Chen Jingyuan pour le Global Times)

Après avoir expliqué le point de vue de Chen Jingyuan, l’article du Global Times donne la parole à l’autre camp, représenté par Liu Zhancheng, le chef de l’équipe archéologique et professeur à l’École Normale Supérieure du Shaanxi.

« In the Qin Dynasty, black was a superior color. The Qin people wore black during grand occasions, such as sacrificial ceremonies, but there was no need for people to wear black all the time. »


(Liu Zhancheng pour le Global Times)

En 2003, des recherches sur un ancien four à briques et tuiles situé à 50 m du mausolée furent effectuées. Une fosse contenant les ossements de vingt-et-une personnes différentes fut découverte. Les études ADN des ossements révélèrent que l’un des individus avait les traits génétiques des Eurasiens de l’ouest. Les scientifiques conclurent qu’il y avait des échanges fréquents entre les asiatiques de l’est et les Eurasiens de l’ouest bien avant la route de la Soie qui fleurit sous la dynastie des Han (220 – 206 avant notre ère).

On peut dès lors supposer qu’il y aurait des représentations d’étrangers parmi les soldats en terre cuite mais qu’elles n’ont pas encore été découvertes.

Or certains guerriers en terre cuite arborent des visages verts alors que la majorité des guerriers ont des visages clairs. Certains prétendent que ce serait un mauvais tour joué par les artisans de l’époque, pour d’autres cela représenterait peut-être des étrangers. Sur certains guerriers en terre cuite, on a retrouvé les restes de motifs polychromes indiquant qu’ils étaient probablement tous colorés à l’origine.
Pour l’instant, les fouilles n’ont donné aucune réponse à cette hypothèse.

Un passage du mémoire de Hélène de Ribeaupierre paru en 2007 s’intéresse aux fonctions de l’armée en terre cuite, évoquant les hypothèses des chercheurs.

L’un de ces théories est issue d’un ouvrage intitulé « L’armée éternelle : Les soldats du premier Empereur de Chine » édité par National Geografic en 2005, écrit par Ciarla, Roberto. Lanciotti, Lionello et d’autres.

« Les spécialistes de géomancie jugèrent le site tout à fait propice. Protégé au sud par le pouvoir de la terre, le Lishan, et au nord par celui des eaux, la rivière Wei, il est traversé par l’axe nord-sud autour duquel se déploie le mausolée et qui relie le mont Li au sud et les temples de la vieille capitale Yueyang, au nord. A l’ouest, la puissance des montagnes, la chaîne des Qinling, et celle des ancêtres vénérés dans les temples ancestraux auxquels la sépulture est reliée par une allée de 50 kilomètres veillant sur le repos éternel de l’Empereur. À l’est, en revanche, les cols qui accédaient à la grande plaine centrale, aux pays que Qin avait soumis et aux terres ennemies ouvraient une brèche dans le dispositif symbolique de protection. L’Armée de terre cuite représente donc, de ce côté-là, l’élément protecteur du souverain »


(Ciarla, Roberto. Lanciotti, Lionello. & al. dans « L'armée éternelle : Les soldats du premier Empereur de Chine »)

Un autre hypothèse voudrait que les figures de terre cuite fussent ensevelies pour remplacer les sacrifices humains.

En effet, même si ces sacrifices furent interdits à partir du règne de l’Empereur Qin Shi Huang, il était coutume durant les dynasties antérieures d’offrir des vies humaines au défunt en plus des objets d’accompagnement dans les sépultures. Plus le défunt avait un rôle important dans la société, plus il avait d’objets et de sacrifices dans sa tombe. Il est donc possible que la pratique du sacrifice humain ait été symboliquement remplacée par les statuettes en terre cuite.

Concluons sur une seconde citation de l’ouvrage « L’armée éternelle : Les soldats du premier Empereur de Chine » présente dans le mémoire de Hélène de Ribeaupierre cité précédemment.

« Sima Qian raconte qu’à la fin de son règne, l’esprit de l’Empereur était affligé par une idée fixe, funeste, vaine et arrogante : il souhaitait se rendre aux îles des Immortels pour se procurer l’élixir de l’immortalité. Une science comme l’archéologie aura probablement des difficultés – en supposant qu’elle en ait l’objectif – à vérifier cette hypothèse. Mais dans le fond, une vérification de ce genre aurait-elle un sens alors que nous avons déjà la réponse sous les yeux ?
Il semble bien que les émissaires du Premier Auguste Empereur se sont rendus sur les îles des Immortels et que les habitants leur ont donné l’élixir, mais à une condition : en échange de l’immortalité, Qin Shi Haungdi devait renoncer à la gloire. L’Empereur a donc choisi.
Quand on fouillera sa tombe, sous un tas de cendres et parmi les trésors carbonisés, on retrouvera un flacon jamais ouvert. Le sourire de l’Empereur flottera alors : juste avant de mourir, il avait compris que la véritable immortalité est celle de vivre dans la mémoire des hommes.
De cette façon, Qin Shi Huangdi est immortel.
»


(Ciarla, Roberto. Lanciotti, Lionello & al. dans « L'armée éternelle : Les soldats du premier Empereur de Chine »)
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Un opéra pour l’Empereur Qin

Nouvelle Création mondiale au New York Metropolitan Opera

Jeudi 21 décembre 2006 se déroulait au Metropolitan Opera de New York la première mondiale de l’opéra : « The First Emperor » du compositeur Sino-Américain Tan Dun et du réalisateur Zhang Yimou.
Le succès fut au rendez-vous puisque les 9 représentations furent données à guichet fermé.

Voici la distribution donnée par le site Forum Opéra :

Tan DUN – The First Emperor
Livret de Ha Jin et Tan Dun

Production : Zhang Yimou

Co-directeur : Wang Chaoge

Décors : Fan Yue

Costume : Emi Wada

Lumières : Duane Schuler

Chorégraphie : Dou Dou Huang

Le maître du Yin-Yang : Wu Hsing-Kuo

La Chamane : Michelle DeYoung

L’Empereur Qin : Placido Domingo

Le Ministre : Haijing Fu

Le général Wang : Hao Jiang Tian

La princesse Yueyang : Elizabeth Futral

La mère de Yueyang : Susanne Mentzer

Gao Jianli, un musicien : Paul Groves

Un garde : Danrell Williams

Danseur solo : Dou Dou Huang

Solo de Zheng : Qi Yao

Orchestre et chœurs du Metropolitan de New York

Direction : James Levine

La distribution, attribuant les rôles principaux à des artistes reconnus du monde classique, couplée aux esprits novateurs du compositeur et du réalisateur ; a permis un mélange des genres réussi si l’on en croit la vente express des places.

Le musicologue Anthony Tommasini revint sur l’événement deux jours plus tard pour The New York Times dans la rubrique musique-review.

Il décrit monsieur Tan Dun, le compositeur, comme un homme dont le style serait à la confluence de la musique traditionnelle Chinoise et de l’avant garde. L’exemple le plus connu de ses créations est la bande originale du film « Tigre et Dragon » composée en deux semaines, enregistrée par l’orchestre symphonique de Shanghai en 2000 et pour laquelle il reçut un Oscar.

Zhang Yimou, le réalisateur de cet opéra, est lui aussi très connu par ses films , notamment « Le secret des poignards volants » sorti le 17 novembre 2004 en France.

Pour ajouter encore du prestige, c’est le célèbre ténor Placido Domingo qui interprète le rôle principal.
À plus de 66 ans, un challenge de plus pour cet artiste majeur !

Elizabeth Futral, qui interprète la princesse Yueyang, fut interviewée par Jérémie Leroy-Ringuet assistant à la communication aux Arts Florissants. Il publie leur entretient le 10 janvier 2007 sur  ODB Opéra, un site de fan d’opéra. 

« Tan Dun et moi nous sommes rencontrés avant que je ne donne ma réponse pour ce projet. A cette époque, il m’a posé plusieurs questions sur le degré de confort que j’éprouvais dans des hauteurs de voix données. En se basant sur ces informations et sur ce qu’il avait appris en venant m’écouter chanter plusieurs rôles différents, il a écrit la musique de mon personnage.
Après avoir reçu la partition et travaillé mon rôle, lui et moi avons apporté quelques changements mineurs à la disposition du texte, à la fois pour faciliter le chant et pour une meilleure intelligibilité du texte. En certains endroits, nous avons changé des notes afin d’obtenir une meilleure balance avec l’orchestre. Certaines notes avaient besoin d’être dans un registre de ma voix plus haut, de façon à ce que je sois mieux entendue. »

(Elizabeth Futral)


Le décors de Fan Yue est constitué d’un énorme escalier de pierre faisant écho à la grande muraille de Chine et aux signes calligraphiques Chinois. En effet, l’Empereur Qin Shi Huang fut le bâtisseur du grand mur et imposa la langue et l’écriture officielle dans toute la Chine unifiée.
Les 400 costumes créés par Emi Wada sont chatoyants, très beaux et colorés.

Le site Forum Opéra publie l’avis de Placido Carrerotti juste après la représentation du 13 janvier 2007.

« Belle distribution, production spectaculaire auxquels s’ajoute un livret efficace qui a le grand mérite de raconter une histoire lisible au premier degré (anecdotique) comme au second(renvoi à la Révolution Culturelle et à son entreprise d’effacement du passé). »

(Placido Carrerotti)

Le site China.Org fait le point sur cette œuvre et met l’accent sur la mise en scène.
L’article rapporte les paroles entendues lors d’une conférence de presse au Metropolitan Opera avec Placido Domingo et Zhang Yimou.

Cependant, Anthony Tommasini, que nous avons déjà évoqué pour son article du New York Times, déplore la lenteur des passages chantés :

« Whatever the mood of the moment, whether dreamy, defiant, sensual or tragic, as soon as the characters break into song, the melodic lines are inevitably long, arching and slow. Even when the orchestra bustles with intensity, the often cloying vocal lines hovering above still move with almost unvarying deliberateness. »

(Anthony Tommasini)

Le livret a été rédigé en anglais par Tan Dun et Ha Jin.

L’opéra narre l’histoire de l’Empereur Qin Shi Huang, le premier Empereur de la Chine unifiée, grand conquérant mais homme torturé et mégalomane.

Au premier acte, L’empereur Qin désire un nouvel hymne à la gloire de son nouvel empire. Il veut rompre avec la tradition et pour cela il décide de faire appel à son ami d’enfance Gao Jianli doué pour la composition. Malheureusement, ce dernier refuse d’obtempérer. Il commence une grève de la faim et refuse de composer pour l’Empereur. Il lui reproche la mort de sa mère tuée lors de la conquête de son pays ordonnée par ce dernier pour le retrouver.
Yueyang la fille de l’Empereur tombe tout de suite amoureuse de Jianli. Elle passe un accord avec son père : si elle parvient à lui faire écrire l’hymne, elle pourra l’épouser.
Et bien entendu elle arrive à ses fins !
Très vite naît une idylle entre eux. Mais cela pose un autre problème car la belle Yueyang était déjà promise au générale Wang. Rapidement la situation dégénère. Le général hors de lui demande son du.

Au second acte, l’Empereur exige que sa fille épouse le général Wang.
Il propose un plan machiavélique au compositeur : la princesse doit épouser le général, mais puisqu’il compte rapidement l’envoyer au front pour l’éliminer, les deux amoureux pourront se retrouver. Ainsi l’Empereur honore ses deux promesses.

Vient le jour de l’investiture de l’Empereur.
Au moment de monter sur le trône, il voit le fantôme de sa fille. Elle a mis fin à ses jours pour ne pas avoir à subir le sort qui lui était destiné.
Puis le fantôme du général lui apparaît, empoisonné par Jianli le compositeur.
Ce dernier accablé par la mort de Yueyang entre dans la pièce. Il hurle sa douleur, injurie Qin Shi Huang et s’arrache la langue. Il sera tué par l’Empereur.
La cérémonie continue. L’Empereur va enfin pouvoir l’entendre son hymne pour la première fois.
Au moment de l’écouter, c’est le chant des esclaves de la muraille qui retentit, comme une ultime vengeance du compositeur.

Écoutons maintenant un court extrait intitulé « The shadow haunts me wherever I go from Act 1 of the opera. » sur Youtube proposé par rmm413b le 19 octobre 2007. Cette vidéo est une scène tirée de l’acte I scène 2 où vous pouvez voir l’Empereur, le Général Wang et la Princesse Yueyang.

Paroles de « The shadow haunts me wherever I go » :

« The shadow haunts me wherever I go,
Ten years he and I lived together,
When I was a hostage in the state of Zhao,
In a prison cell we two small boys wore shackles,
And shared a tattered quilt and a pile of straw,
The shadow in the darkness played his zheng,
Striking fiery notes that set my dreams aflame,
His mother that gentle soul breast fed me like her own,
Even now I feel her warmth in my bones.
Before we were parted he promised he would compose,
A sublime anthem for me when I ascended the throne,
Like a stream flowing to the sea, I follow you,
Like a grassland waking to daylight I rise for you,
Where is the music that can harmonize…
Heaven, earth, and man?
General Wang…once you find the shadow,
You and Yueyang can enter the bridal chamber. »


L’Empereur Qin et le Huitième Royaume

« Depuis le grand cataclysme, les Arkadiens vivaient blottis au centre de la Terre. Ils avaient tout oublié de leur passé ; ainsi l’avaient voulu leurs ancêtres. Jusqu’au jour où leur soleil, le Shagma, tomba malade… »

Cela vous dit quelque chose, non ? Mais si … un petit effort … Concentrez-vous …

« Alors les enfants d’Arkadia osèrent entrer dans le musée interdit. Ils y retrouvèrent quelques traces du passé, mais aucun plan du Shagma. Alors les enfants créèrent, puis envoyèrent vers la surface de la Terre leur messagère, Arkana. »

(© Hervé Lesage de La Haye)

Eh oui c’est en 1985 sur l’une des trois chaines hertziennes que le dessin animé  les Mondes Engloutis était diffusé pour la première fois.
C’était la vieille époque où France 2 s’appelait Antenne 2 et où la télévision ne se regardait qu’en analogique (mais en couleur tout de même).

Cette image est tiré du site "le Grenier de la télé, blog crée en 2006 par dGé et consacré à l'histoire des programmes de télévision en France, mais aussi à l'histoire de la presse Disney en France, de Vaillant et de Pif Gadget depuis 1920 jusqu'au année 90.

Les petits adoraient et les parents étaient enchantés de pouvoir laisser leurs enfants devant le téléviseur.
C’est l’émission Récré A2 qui diffusa les 52 épisodes de 30 minutes chacun.

Crée par Nina Wolmark, qui réussit à mêler science-fiction, fantastique et histoire dans une grande aventure, où Arkana, Spartacus, Rob et Rebecca, nos quatre sympathiques héros, voyagent entre différents univers et strates pour regagner la cité d’Arkadia afin de soigner le mystérieux soleil Shagma.
C’est d’ailleurs Vladimir Cosma qui composa la surprenante musique du dessin animé.

Les Milles et une Heures d’Arkadia, site entièrement dédié à ce dessin animé, a été créé par Hervé Lesage de La Haye en 2002.

« Une dizaine de scénaristes ont collaboré à cette œuvre, dont plusieurs grands noms de la science-fiction française, Christian Grenier, Joëlle Wintrebert et Michel Jeury ».

(Hervé Lesage de La Haye)

Vous pourrez y découvrir tout les résumés des épisodes ainsi qu’une brève histoire des premières diffusions des programmes jeunesses et de leur dessins animés comme « Bibifoc », « Cobra » et même « Les maîtres de l’univers » !

Image du générique des Mondes engloutis hébergé sur le site de Les Milles et une Heure d'Arcadia crée en 2002 par Hervé Lesage de La Haye

Lors de leurs aventures, nos héros rencontrent Galilée, Einstein, mais aussi Diogène, Villon, Cyrano de Bergerac, Lewis Carroll nous dit Hervé Lesage de La Haye.

Bien d’autres servent la trame de l’histoire pour faire évoluer les personnages. Pas étonnant que l’on compte parmi eux notre Empereur Qin Shi Huang, qui ne déroge pas à sa réputation de super conquérant !
Déjà grand maitre des 7 Royaumes, il veut à tout prix s’emparer du 8ème qui, vous l’avez surement deviné (ou vous vous en êtes souvenu), n’est autre que la cité d’Arkadia !

Ha, sacré empereur Qin !  Avec sa gigantesque armée de soldats en terre cuite, il possède en secret le plan du Shagma (le soleil des Arkadiens ! Il faut suivre un peu !).

Laissez-vous retomber en enfance chers trentenaires, ou bien découvrez tranquillement cet épisode pour les autres.
Sur Youtube, Taffykids vous propose de voir ou revoir l’épisode 15 mis en ligne le 6 septembre 2010.

Amusez-vous bien !