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Les soldats voyagent aux États-Unis

« L’escorte du premier Empereur Chinois »

L’article publié deux jours après l’ouverture de l’exposition « L’escorte du premier Empereur Chinois » au National Geographic Museum de Washington sur le site China.org est décevant au vu du peu d’information donné par le site.

C’est d’une manière très peu poétique que le sujet est abordé. Seules les informations basiques sont données. On sait que l’exposition eut lieu au National Geographic Museum de Washington à partir du 17 novembre 2009 et qu’il y a une centaine d’objets anciens et 15 statues de guerriers et de chevaux en terre cuite. C’est la première fois qu’une exposition de la sorte est réalisée dans la région.

De plus, l’article ne recouvrant que la moitié de la page du site, on comprend mal pourquoi il est publié sur quatre pages. Encore plus étrange, il n’y a rien sur les 3 volets suivants, qu’une photographie avec quelques mots pour légende.


Ceci n’est pas un article, mais juste un tout petit billet. Rien n’est fait pour donner envie à l’internaute de s’y rendre. Il n’y eu aucune recherche historique sur le musée ni aucun parallèle avec une autre exposition.

Sur Youtube, la bande annonce faite par le musée dure 4’11. Elle est publiée en décembre 2008 par ce dernier.

Ces bandes annonces sont toujours faites pour appâter à coup de trésors, de grandes découvertes et bien sûr de mystères ! Cette manière de traiter l’archéologie est plutôt répandue aux États-Unis. C’est dommage, car le sujet attire déjà le spectateur sans avoir besoin d’effets grandiloquent qui font passer les faits scientifiques au second plan.

Voici un autre article sur les soldats en terre cuite sur le même site mais cette fois-ci exposés au Houston Museum of natural science et non à « Huston » comme il est écrit à plusieurs reprises sur le site.

« L’escorte du premier empereur chinois » est en fait une exposition itinérante.
L’article publié le 19 octobre, soit un jour après la clôture de l’exposition est très court, à peine quelques lignes. Il fait un bref bilan dans lequel nous apprenons que pendant 4 mois, 200 000 visiteurs se sont pressés au musée.

People Daily est souvent utilisé comme source par d’autres sites que nous avons référencé comme China.org ou Xinhuanet. Il traite de toute l’actualité du monde chinois bien mieux traités que nos deux articles précédents.

Nous vous proposons en complément de lire celui sur le site même du musée.
Il n’est certes pas bien long, mais a l’intérêt de montrer la volonté des organisateurs à rendre cette découverte extraordinaire. Effet tape à l’œil garanti.

Pour finir nous vous proposons de vivre cette exposition grâce aux galeries d’« Imelda » et de « Mockbird » hébergé sur Flickr, un site d’hébergement et de partage de photographies.
L’autorisation exceptionnelle délivrée par le musée pour prendre ces clichés de très bonne qualité nous permet d’approcher l’atmosphère recherchée par les scénographes, toujours feutrée, cherchant à faire écho au tombeau.
Merci donc à « Imelda » et à « Mockbird » pour ce petit tour.

Vous ne manquerez pas de voir un tableau des plus remarquables, nous en parlons d’ailleurs dans l’article « L’œuvre de l’Empereur inspire les artistes du XXème siècle ».

Pour aller encore plus loin, « naturalscience1 » publie le 14 avril 2009 une vidéo dans laquelle le directeur du HMNS en personne, monsieur Dirk Van Tuerenhout, nous conte la fabuleuse histoire de cette découverte en seulement 3 minutes. Finalement c’est plus le mausolée en Chine qui est montré que l’exposition du HMNS.

« Warriors, Tombs, and Temples: China’s Enduring Legacy »

Trois ans plus tard, le musée remit ça. La passion du public pour cette découverte est incroyable ! L’exposition fit fureur en amenant plus d’un million de visiteurs en 2009.

Le Musée Bowers à Santa Ana en Californie et le Musée des sciences naturelles de Houston rassemblent une nouvelle armée et plus de 200 artefacts pour une exposition autour des vestiges récemment découverts.
L’exposition est aussi itinérante et après avoir quitté le Musée Boers c’est le HMNS qui l’accueille dès le 30 mars.
L’exposition donne à voir bien plus que les guerriers de Qin. Nous vous conseillons cet article, vous y découvriez tout ce que vous propose l’exposition : dragons d’or, reliquaire en os, soldats de Han qui supplanta la dynastie Qin. C’est toujours le site du musée qui vous décrit cette nouvelle exposition phénoménale a en croire les organisateurs.

Si vous vous rendez aux États-Unis et que vous faite escale à Houston au Texas, rendez-vous au HMNS pour voir « Warriors, Tombs, and Temples: China’s Enduring Legacy ».

Attention, l’exposition se termine le 03 septembre de cette année.

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L’oeuvre de l’Empereur inspire les artistes du XXème siècle

Un tumulus pas comme les autres

En 1909 le médecin brestois Victor Segalen part pour la Chine afin d’y soigner les malades de la peste. Il s’y installe un an plus tard avec sa famille. Cet homme est en faite bien plus qu’un simple médecin, ethnologue, archéologue et même écrivain, il décide en 1914 d’organiser une mission archéologique dédiée aux tombeaux des Han. Lors de son voyage, il prendra le 16 février ce cliché.

Téléchargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Vous l’aurez reconnu, c’est notre tumulus, sa face nord pour être exact. Nous sommes 50 ans avant la découverte du grand monument funéraire. Segalen avec son regard affuté, en voyant cette montagne, ne résiste pas à en prendre les mesures exactes. Il savait que le tell appartenait à l’Empereur Qin Shi Huang mais il n’imaginait peut-être pas l’étendue de cet d’extraordinaire tombeau.
Il décrit de manière très poétique et romanesque sa visite sur le mausolée. Wikisource, la bibliothèque numérique libre a archivée le compte rendu de sa Mission publié cinq ans après sa mort.

Wikisource est l’un des innombrables outils développés par Wikipédia, créé en 2003 en Floride par Jimmy Wales. Très facile d’utilisation, c’est une source qu’il ne faut pas négliger, car contrairement à son encyclopédie en ligne, les sources proposées dans cet outils sont pour la grande majorité acceptées par la communauté universitaire.

Capture d’écran du site, le 15/04/2012

Bien que nous l’ayons déjà présenté dans l’article consacré au mausolée de Qin Shi Huang, nous revenons ici un peu sur le sujet.
Segalen procède à la manière des ethnographes de son siècle, à savoir par une description exhaustive du site, tout en y mêlant de la littérature classique et des écrits historiques comme
l’Histoire des Trois Royaumes de San-Koué-Tchy et Les Mémoires Historique de Se-ma Ts’ien. La traduction de ces ouvrages nous semble quelque peu farfelue et Segalen interprète lesdits récits avec un vocabulaire qui nous étonne un peu :

« Il n’est fait, dans les aménagements et la décoration, aucune présomption d’une vie extraterrestre ; c’est une raison de croire que les Chinois, dès avant l’époque Han, ne traitaient, même dans les tombes, que des représentations de la vie humaine. »


(Victor Segalen dans « Tombeau de Che-houang-ti.Mission archéologique en Chine. Les Tumulus impériaux de la vallée da la Wei »)

Bien sûr, l’acception du mot « extraterrestre » est à nuancer, cela n’avait pas le sens que nous lui connaissons ; en utilisant ce mot l’archéologue fait allusion à ce que l’on pourrait appeler la dimension transcendante de la condition d’être terrestre.

Capture d’écran du site du Musée Guimet, le 15/04/2012

La photographie du tumulus fait partie du fond Segalen conservé au Musée Guimet, musée des arts asiatiques.
Elle est disponible sur leur site récemment rénové. Le tumulus est présenté par un court article qui revient sur la mission de Segalen, sa vie et son œuvre comme les romans
Stèles et Le Fils du Ciel.
L’article est un peu trop bref et certains propos manquent de clarté. Outre l’ergonomie trop spartiate et l’interactivité très limitée, le plus regrettable reste la petite taille des images des collections et un cartel bien trop minimaliste. Pour un tel Musée c’est bien dommage et cela reflète surtout un manque d’interet à l’égard de la version numérique. De plus, en début d’année le cartel des images était bien plus fourni qu’il ne l’est aujourd’hui. Ce changement s’explique mal. Le site est censé être la vitrine du musée et par là même, donner envie à l’internaute de s’y rendre. Nous sommes au regret d’affirmer que l’objectif est loin d’être atteint.

Cette photographie est exposée comme une œuvre d’art et Segalen, on ne peut le nier, avait de multiples talents dont celui de la photographie.

Cela nous amène à vous montrer une autre œuvre d’art, une sculpture d’argile cette fois.

Une sculpture pour les artisans du tombeau

Téléchargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Cette œuvre contemporaine représente les ouvriers en train de fabriquer les chevaux et soldats qui composeront l’armée en terre cuite de Qin. Bien que nous ayons procédé à de nombreuses recherches sur le web, nous ne sommes pas parvenus à retrouver l’artiste qui est à l’origine de cette sculpture. Néanmoins nous avons déniché un blog qui se sert de cette œuvre pour détailler les techniques qu’utilisaient les sculpteurs afin de construire l’armée en terre cuite.

Téléchargé sur le site de Betty Faire, le 15/04/2012

Cette approche peu commune, est largement bien menée et c’est Betty Faivre qui en est l’auteur. Nous avons déjà commenté sa page dédiée à l’Empereur dans un autre article et souligné les soucis rencontrés dans l’ergonomie du site.

Elle énonce les différentes techniques comme le foulage ou l’utilisation de moules, puis revient brièvement sur le mode de cuisson et le modelage des expressions des soldats.

Téléchargé sur le site de Betty Faire, le 15/04/2012

Cette mise en abime rend hommage à ces milliers d’anonymes qui, pendant près de quatre décennies, confectionnèrent plus de 8000 soldats et chevaux pour satisfaire la folie d’un homme. Après la mort de ce dernier, les ouvriers se virent enfermés vivants pour finir leur ouvrage et garder à jamais les secrets du tombeau.

Des clichés de ces reconstitutions exposées durant l’exposition « The First Emperor: China’s Terracotta Army » au British Museum sont accessibles sur la page« In pictures: China’s Terracotta Army » de la BBC News.

Téléchargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Le soldat pantin géant à la petite fille

La Chine a connu avec Qin Shi Huang son premier véritable unificateur, le musée devait donc lui faire honneur.
Voici une photographie qui retint notre attention par son incongruité. Nous n’avons hélas que ce cliché à vous présenter, mais il vaut le détour. Il fut trouvé sur la galerie de photos de vacances de Pierre Thery, qui  regorge d’autres clichés pris à travers toute la Chine durant l’année 2009 et postés la même année sur son site. Vous y trouverez une quinzaine d’albums, notre photo se trouvant dans le deuxième album, à la page 4.

Téléchargé sur notre Flikr, P9, le 15/04/2012

Ce que vous voyez est le Hall du musée de Qin à Xi’an en Chine. Le photographe cadre les deux pantins articulés de taille impressionnante. Le plus grand, vous l’avez deviné, est fait sur le modèle des soldats en terre cuite et mesure environs 10 mètres. À côté de lui se tient une petite fille chinoise mesurant tout de même plus de 5 mètres de hauteur. Ils sont surement fait de bois, mais nous ne pouvons que spéculer, autant sur la composition que sur la taille, car nous n’en avons trouvé aucune autre allusion.
Les photos n’étant pas du tout légendées, la galerie perd en lisibilité. Les deux pantins géants sont mit en scène, ainsi le soldat donne la main à la petite fille à la manière d’un papa et ce dernier  baisse la tête vers elle.

Un portait flatteur

La galerie de photos d’Imelda propose un album dédié à l’exposition du Houston Museum of Natural Science qui eu lieu en 2009 à Houston dans l’état du Texas aux États-Unis. Nous lui consacrons un article dans notre catégorie exposition.
L’une des photos est particulièrement savoureuse et pour le moins inattendue.

Telechargé depuis notre Flickr, le 15/04/2012

Un tableau d’un soldat en terre cuite à la manière de l’autoportrait de Andy Warhol, célèbre artiste fondateur du Pop Art.
Cette résurgence de l’armée de Qin par le Pop’art aurait certainement plu à Warhol. La sérigraphie que prônait l’artiste peut-être vue comme une mise en abîme de la production en série des soldats en terre cuite, mais le rapprochement s’arrête là, il ne faut pas oublier la volonté d’unicité recherché pour chacun des soldats.
C’est le musée qui est à l’origine de cette commande, mais nous n’avons trouvé aucune information complémentaire sur leur site.